20 décembre 2012 | Québec
Préserver les repères personnels, même lorsque le quotidien change
Prendre son café avant de s'habiller, choisir ses vêtements la veille ou écouter la radio pendant le déjeuner : chacun a de petites habitudes auxquelles il tient.
Ces gestes peuvent sembler sans importance aux yeux des autres. Pourtant, ils font partie de notre manière de vivre et nous procurent des repères familiers.
Lorsqu'une personne doit recevoir de l'assistance pour accomplir certaines activités quotidiennes, elle ne perd pas, pour autant, ses préférences, ses valeurs ni son histoire.
Les préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) et les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) doivent donc tenir compte de ces particularités dans leur accompagnement.
Cette approche fait partie des apprentissages du programme de Soutien aux services d'assistance en établissement de santé et de services sociaux – 5405 DEP, offert par le Collège CDI, qui prépare les étudiants à intervenir auprès de différentes clientèles en respectant leurs besoins et leurs réalités.
Pourquoi les habitudes de vie sont-elles si importantes?
Les habitudes structurent une grande partie de notre quotidien.
Elles influencent notamment nos horaires, notre alimentation, notre façon de nous préparer le matin et nos moments de repos.
Pour une personne qui vit une perte d'autonomie, ces repères peuvent devenir particulièrement précieux.
Une hospitalisation, une admission en CHSLD ou le recours à des services d'assistance à domicile peuvent modifier considérablement l'organisation de ses journées.
Certaines activités doivent désormais être réalisées avec l'aide d'un professionnel. D'autres doivent s'adapter aux horaires et aux procédures du milieu.
Dans ce contexte, conserver quelques habitudes familières peut contribuer au sentiment de stabilité.
Respecter une préférence, c'est aussi reconnaître que la personne conserve son identité et ses choix, même lorsqu'elle a besoin d'assistance.
Des détails qui peuvent transformer une intervention
Le respect des habitudes ne nécessite pas toujours de grands changements.
Il peut se manifester dans des situations très ordinaires.
Une personne préfère peut-être se laver le visage avant de déjeuner. Une autre souhaite choisir elle-même les vêtements qu'elle portera. Un résident peut préférer qu'on lui laisse quelques minutes pour terminer sa conversation avant de commencer une activité, lorsque l'organisation le permet.
Ces préférences peuvent être prises en compte sans nécessairement modifier l'ensemble des services offerts.
Le préposé peut notamment :
- demander à la personne comment elle préfère accomplir certaines activités;
- tenir compte de ses routines lorsqu'elles sont compatibles avec les consignes;
- lui proposer des choix parmi les possibilités disponibles;
- respecter son rythme dans la mesure du possible;
- communiquer à l'équipe les préférences pertinentes pour son accompagnement.
Cette attention aux détails contribue à rendre les interventions moins impersonnelles.
Elle favorise également une approche adaptée aux besoins de chaque personne, plutôt qu'une approche uniforme pour tous.
Respecter les habitudes sans compromettre la sécurité
Les préférences personnelles ne peuvent pas toujours être respectées exactement comme la personne le souhaiterait.
Certaines demandes peuvent être incompatibles avec les consignes de sécurité, les besoins de santé ou l'organisation des services.
Par exemple, une personne peut préférer se déplacer seule alors que les consignes établies prévoient une assistance.
Une autre peut souhaiter effectuer une activité à un moment où le personnel ou l'équipement nécessaire n'est pas disponible.
Dans ces situations, le préposé aux bénéficiaires doit éviter deux extrêmes : ignorer systématiquement les préférences de la personne ou accepter une demande qui compromettrait sa sécurité.
Il peut plutôt expliquer les contraintes, écouter les préoccupations et, lorsque c'est possible, chercher une solution conforme aux consignes.
Si la situation dépasse ses responsabilités, il doit en discuter avec les professionnels concernés.
Respecter les habitudes de vie ne signifie pas tout accepter, mais prendre en compte ces habitudes dans les décisions qui concernent son quotidien.
Des habitudes qui évoluent avec les capacités
Les habitudes ne sont pas nécessairement immuables.
Une personne peut devoir modifier sa routine après une hospitalisation, en raison de difficultés de mobilité ou d’une fatigue accrue.
Elle peut, par exemple, avoir toujours aimé s'habiller seule, mais avoir désormais besoin d'aide pour certaines étapes.
Le préposé peut alors encourager sa participation aux gestes qu'elle est encore capable d'accomplir, tout en lui offrant l'assistance nécessaire.
Cette façon de procéder permet de préserver certains aspects de ses habitudes sans exiger qu'elle reproduise exactement ce qu'elle faisait auparavant.
Elle rejoint l'importance de favoriser le maintien de l'autonomie, en tenant compte des capacités réelles et des consignes applicables.
L'objectif est d'aider la personne à conserver une participation significative à son quotidien, même lorsque ses capacités évoluent.
Les habitudes peuvent aussi révéler des changements
Connaître les routines d'une personne présente un autre avantage : cela permet de mieux remarquer certaines différences dans son comportement ou dans ses capacités.
Un résident qui participe habituellement avec enthousiasme aux repas collectifs peut commencer à préférer rester dans sa chambre.
Une personne qui choisit toujours ses vêtements peut soudainement éprouver des difficultés à le faire.
Ces changements ne signifient pas automatiquement qu'il existe un problème de santé. Ils peuvent néanmoins mériter une attention particulière.
Grâce à leur proximité avec les personnes accompagnées, les préposé(e)s aux bénéficiaires peuvent observer ces différences et transmettre les renseignements pertinents aux membres de l'équipe concernés.
C'est l'une des raisons pour lesquelles les observations des préposé(e)s aux bénéficiaires jouent un rôle important dans le suivi des personnes.
Il demeure essentiel de décrire les faits observés sans en tirer de conclusions sur leurs causes.
Respecter les différences culturelles et personnelles
Les habitudes de vie sont également influencées par l'éducation, les traditions familiales, les convictions, les expériences et les préférences individuelles.
Deux personnes du même âge ou vivant dans le même établissement peuvent avoir des façons très différentes d'organiser leur journée.
Certaines préférences peuvent concerner l'alimentation, la pudeur, les vêtements ou les pratiques personnelles.
Les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent accueillir ces différences avec respect, sans présumer des habitudes d'une personne à partir de son origine, de son âge ou de son apparence.
La meilleure façon de connaître ses préférences demeure de l'écouter et, lorsque c'est possible, de lui poser des questions.
Les besoins et les consignes du milieu doivent toujours être respectés, mais les différences individuelles ne devraient pas être écartées simplement parce qu'elles ne correspondent pas aux habitudes du personnel.
Une réalité différente selon le milieu de soins
Le respect des habitudes prend des formes particulières selon l'environnement.
En soins de longue durée
En CHSLD, les résidents vivent dans un milieu collectif où plusieurs activités doivent être coordonnées.
Préserver certaines préférences personnelles peut contribuer à rendre cet environnement plus familier et à maintenir des repères au fil des journées.
À l'hôpital
Une hospitalisation peut bouleverser temporairement les routines.
Même lorsque les possibilités sont limitées, tenir compte de certaines préférences peut contribuer au confort et au sentiment de contrôle des patients.
À domicile
Les auxiliaires aux services de santé et sociaux interviennent dans l'environnement personnel des personnes accompagnées.
Elles doivent respecter leurs habitudes et leur espace de vie, tout en réalisant les interventions prévues conformément aux consignes applicables.
Dans chacun de ces contextes, les possibilités d'adaptation varient, mais le principe demeure le même : considérer la personne dans son ensemble, et non uniquement les tâches à réaliser.
Apprendre à tenir compte des réalités individuelles
Cette formation de 705 heures prépare les étudiants à accompagner des personnes présentant des besoins d'assistance variés.
Les cours, les exercices pratiques et les mises en situation leur permettent notamment de développer leurs compétences en communication, en accompagnement et dans le respect de l'autonomie.
Ils apprennent à tenir compte des capacités, des préférences et des habitudes des personnes, tout en respectant les responsabilités professionnelles et les consignes de sécurité.
Le programme comprend également 75 heures d'intégration au milieu de travail, permettant aux étudiants d'appliquer leurs apprentissages dans un environnement professionnel.
Offerte aux campus de Laval et de Montréal, la formation prépare les futurs préposé(e)s aux bénéficiaires et auxiliaires aux services de santé et sociaux à offrir une assistance adaptée aux réalités de différentes clientèles.
Foire aux questions
1. Pourquoi les habitudes de vie sont-elles importantes pour les personnes qui reçoivent de l'assistance?
Elles constituent des repères personnels et contribuent au sentiment de stabilité, à l'identité et au bien-être. Les préserver, lorsque c'est possible, peut aider une personne à maintenir une certaine continuité dans son quotidien, même lorsque ses besoins d'assistance évoluent.
2. Les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils respecter toutes les préférences des personnes accompagnées?
Ils doivent prendre les préférences au sérieux et chercher à les respecter dans la mesure du possible. Toutefois, les consignes de sécurité, les besoins de santé et les procédures du milieu peuvent imposer certaines limites. Lorsque nécessaire, ils doivent consulter les professionnels concernés.
3. Comment connaître les habitudes d'une personne qui communique difficilement?
Les préposé(e)s aux bénéficiaires peuvent s'appuyer sur les informations pertinentes disponibles dans le milieu, sur les consignes établies et sur leurs observations quotidiennes. Ils peuvent également utiliser des moyens de communication adaptés et collaborer avec les professionnels concernés, tout en respectant les préférences exprimées par la personne.
Pour aller plus loin
👉 Services d'assistance en santé : comprendre le domaine et ses perspectives