20 juin 2012 | Québec
Une profession où chaque personne est unique
Deux personnes peuvent avoir besoin d'aide pour s'habiller, mais pas nécessairement de la même manière. L'une peut accomplir presque tous les gestes seule, tandis que l'autre nécessite une assistance plus importante. Une troisième peut avoir les capacités physiques nécessaires, mais éprouver des difficultés à comprendre les étapes à suivre.
Pour les préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) et les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), ces différences font partie du quotidien. L'âge, l'état de santé, les capacités, les habitudes et les préférences influencent la manière d'offrir l'assistance.
Cette capacité d'adaptation est notamment développée dans le programme de Soutien aux services d'assistance en établissement de santé et de services sociaux – 5405 DEP, offert par le Collège CDI. Elle permet aux futurs professionnels de comprendre pourquoi une intervention appropriée pour une personne ne convient pas nécessairement à une autre.
Comprendre les besoins avant d'intervenir
Avant d'apporter son aide, le préposé aux bénéficiaires doit tenir compte de la situation de la personne ainsi que des consignes établies.
Plusieurs éléments peuvent influencer son intervention :
- les capacités physiques et le niveau d'autonomie;
- les difficultés cognitives ou de communication;
- la douleur, la fatigue ou l'inconfort;
- les habitudes de vie et les préférences personnelles;
- l'état émotionnel et les réactions de la personne.
Par exemple, une personne qui éprouve des douleurs articulaires peut avoir besoin de plus de temps pour s'habiller. Une autre, vivant avec des troubles cognitifs, peut nécessiter des explications simples et répétées.
L'objectif n'est pas de modifier les soins ou les consignes selon son propre jugement, mais d'adapter la manière d'offrir l'assistance dans le respect des besoins de la personne et de ses responsabilités professionnelles.
Aider sans faire systématiquement à la place de la personne
Adapter son intervention signifie aussi reconnaître ce que la personne est encore capable d'accomplir.
Prenons l'exemple d'une personne qui peut se laver le visage et le haut du corps, mais qui a besoin d'aide pour se laver les jambes et les pieds.
Plutôt que d'effectuer toute la toilette à sa place, le préposé peut l'encourager à réaliser les gestes qu'elle maîtrise encore, tout en lui apportant l'assistance nécessaire pour les autres gestes.
Cette approche contribue à préserver les capacités, à favoriser la participation et à maintenir une certaine indépendance dans les activités quotidiennes.
Elle exige parfois davantage de patience, mais permet à la personne de conserver un rôle actif dans son accompagnement.
👉 Pour approfondir cette question, consultez : Comment les préposé(e)s aux bénéficiaires favorisent-ils le maintien de l'autonomie?.
Adapter sa communication à la personne
Les différences entre les personnes ne concernent pas uniquement leurs capacités physiques.
Certaines entendent difficilement, d'autres présentent des troubles de mémoire ou éprouvent des difficultés à exprimer leurs besoins. Une personne peut également être anxieuse, désorientée ou peu à l'aise face à une intervention.
Le préposé doit alors ajuster sa façon de communiquer.
Avec une personne malentendante, il peut être utile de se placer face à elle et de parler clairement, sans crier. Avec une personne qui éprouve des difficultés de compréhension, des phrases courtes et des explications données une étape à la fois peuvent faciliter les échanges.
Il est également important de vérifier que la personne a bien compris et de lui laisser le temps de répondre.
Ces ajustements peuvent sembler simples, mais ils contribuent à réduire les malentendus et à rendre les interventions plus rassurantes.
Savoir modifier son approche pendant une intervention
Même lorsqu'une activité est planifiée, la situation peut changer.
Une personne qui accepte habituellement de se lever à une heure précise peut être particulièrement fatiguée un matin. Une autre peut ressentir de l'inconfort pendant un déplacement ou devenir inquiète à l'idée de recevoir de l'aide.
Dans ces situations, le préposé doit demeurer attentif aux réactions de la personne.
Selon les circonstances et les consignes applicables, il peut être nécessaire de ralentir, de reformuler une explication, de laisser un moment de repos ou de demander l'assistance d'un collègue.
Lorsqu'une difficulté soulève un enjeu de sécurité ou dépasse ses responsabilités, il doit en informer les membres de l'équipe concernés.
S'adapter ne signifie donc pas improviser. Il s'agit de faire preuve de souplesse tout en respectant les procédures, les consignes et les limites de son rôle.
Des besoins qui évoluent au fil du temps
Les capacités d'une personne ne sont pas nécessairement les mêmes d'une semaine à l'autre, ni même d'une journée à l'autre.
Après une hospitalisation, certaines personnes récupèrent progressivement leur mobilité et peuvent reprendre des activités qu'elles ne pouvaient plus accomplir seules.
À l'inverse, une maladie évolutive ou une perte d'autonomie peut entraîner des besoins d'assistance plus importants.
Les préposé(e)s doivent donc éviter de considérer les capacités d'une personne comme permanentes.
Leur présence régulière leur permet de remarquer certains changements qu'ils transmettent aux professionnels concernés afin que l'accompagnement puisse être réévalué au besoin.
Cette vigilance contribue à offrir des services adaptés à la situation actuelle de la personne, plutôt qu'aux besoins passés de celle-ci.
Tenir compte des habitudes, des préférences et du milieu de vie
Deux personnes ayant des besoins physiques similaires peuvent avoir des attentes très différentes.
L'une préfère prendre son temps pendant les soins du matin, tandis que l'autre souhaite conserver une routine précise. Certaines accordent une grande importance à leur intimité ou à la manière dont leurs effets personnels sont disposés.
Ces préférences méritent d'être prises en considération dans la mesure où elles sont compatibles avec les consignes de soins et la sécurité.
L'environnement influence également les interventions.
En soins de longue durée, les préposé(e)s accompagnent souvent les mêmes résidents pendant une période prolongée, ce qui leur permet de mieux connaître leurs habitudes.
À domicile, les auxiliaires aux services de santé et sociaux doivent également composer avec l'aménagement du logement, les routines familiales et les particularités propres à chaque milieu de vie.
Dans tous les cas, il s'agit de respecter la personne sans compromettre la qualité ni la sécurité des interventions.
Une compétence qui s'apprend pendant la formation
Cette formation de 705 heures prépare les étudiants à accompagner des personnes présentant des besoins physiques, cognitifs et psychosociaux variés.
Les cours, les exercices pratiques et les mises en situation permettent notamment de développer les compétences nécessaires pour observer les réactions d'une personne, communiquer de manière appropriée et adapter les gestes d'assistance aux consignes établies.
Le programme comprend également 75 heures d'intégration en milieu de travail, qui offrent l'occasion de mettre ces apprentissages en pratique dans un environnement professionnel réel.
Offerte aux campus de Laval et de Montréal, cette formation prépare les futurs préposé(e)s aux bénéficiaires et auxiliaires aux services de santé et sociaux à intervenir dans différents milieux du réseau de la santé et des services sociaux.
Foire aux questions
1. Pourquoi les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils adapter leurs interventions?
Parce que les personnes accompagnées n'ont pas toutes les mêmes capacités, habitudes ou besoins. Adapter les interventions permet de tenir compte de ces différences, de favoriser la participation de la personne et d'offrir une assistance appropriée, dans le respect des consignes et des responsabilités professionnelles.
2. Comment adapter son approche auprès d'une personne présentant des troubles cognitifs?
Il peut être utile d'employer des phrases simples, de donner les explications une étape à la fois et de laisser suffisamment de temps pour répondre. Le préposé doit également observer les réactions de la personne et suivre les consignes établies par l'équipe de soins.
3. Que faire lorsque les besoins d'une personne changent?
Le préposé doit observer les changements, offrir l'assistance prévue de manière sécuritaire et transmettre les informations pertinentes aux membres de l'équipe concernés. Ceux-ci pourront déterminer si une réévaluation ou une modification des interventions est nécessaire.
Pour aller plus loin
👉 Services d'assistance en santé : comprendre le domaine et ses perspectives
👉 Comment les préposé(e)s aux bénéficiaires accompagnent-ils des personnes de tout âge?