3 avril 2013 | Québec
Quand les intervenants changent, l'accompagnement doit rester cohérent
Une personne reçoit de l'aide pour se lever le matin, une autre équipe l'accompagne pendant les repas et un nouvel intervenant prend le relais en soirée. Malgré ces changements, ses besoins, ses habitudes et les consignes encadrant son accompagnement demeurent importants.
C'est tout l'enjeu de la continuité des services : permettre à plusieurs intervenants de contribuer à un même accompagnement sans perdre les renseignements essentiels d'une intervention à l'autre.
Les préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) et les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS) contribuent à cette continuité grâce à leur présence quotidienne, au respect des consignes et à la transmission de leurs observations.
Cette dimension du travail est notamment abordée dans le programme de Soutien aux services d'assistance en établissement de santé et de services sociaux – 5405 DEP, offert par le Collège CDI.
Qu'entend-on par continuité des services?
La continuité des services désigne la cohérence de l'accompagnement offert à une personne au fil du temps, même lorsque les intervenants ou les milieux changent.
Elle ne signifie pas que toutes les interventions doivent être identiques. Les besoins peuvent évoluer, les activités varient selon le moment de la journée et chaque professionnel a ses propres responsabilités.
L'essentiel est que les interventions tiennent compte des renseignements pertinents et des consignes établies.
Par exemple, si une personne a besoin d'une assistance particulière pour se déplacer, les intervenants concernés doivent connaître les mesures prévues.
De même, lorsqu'une habitude contribue à son confort, la prendre en compte peut rendre l'accompagnement plus rassurant d'un quart de travail à l'autre.
La continuité ne consiste donc pas à répéter les mêmes gestes, mais à préserver la cohérence de l'accompagnement.
Pourquoi les changements de quart sont-ils importants?
Dans de nombreux milieux de soins, plusieurs équipes se succèdent au cours d'une journée.
Un préposé peut accompagner une personne pendant quelques heures sans être présent lors des interventions suivantes. Les renseignements pertinents doivent donc circuler conformément aux procédures du milieu.
Imaginons qu'une personne ait éprouvé davantage de difficultés à s'habiller le matin.
Si cette observation est transmise, l'intervenant suivant dispose d'un renseignement utile pour comprendre la situation et appliquer les consignes appropriées.
Sans cette information, il pourrait ne pas savoir que les capacités habituelles de la personne semblent avoir changé.
Les préposé(e)s contribuent à éviter ces ruptures en communiquant leurs observations au moment et par les moyens prévus.
Cette responsabilité s'inscrit dans le travail d'équipe au sein des services d'assistance, avec un objectif précis : permettre la poursuite des interventions en fournissant les informations nécessaires.
Transmettre les bonnes informations, au bon moment
Toutes les observations effectuées au cours d'une journée n'ont pas la même importance pour le suivi.
Les préposé(e)s doivent reconnaître les renseignements pertinents et les communiquer avec précision.
Il peut notamment s'agir :
- d'un changement dans la mobilité ou les capacités habituelles;
- d'une difficulté rencontrée pendant une activité quotidienne;
- d'une réaction inhabituelle à une intervention;
- d'une préoccupation exprimée par la personne;
- d'une situation susceptible de compromettre sa sécurité.
La transmission doit demeurer factuelle.
Dire qu'une personne a eu besoin d'une assistance supplémentaire pour se lever est plus précis que d'affirmer, sans évaluation appropriée, qu'elle « perd son autonomie ».
Les renseignements doivent être communiqués aux personnes autorisées, conformément aux règles de confidentialité et aux procédures établies.
Lorsqu'une situation exige une intervention urgente, les procédures d'alerte prévues doivent être suivies.
Une information pertinente n'est réellement utile au suivi que si elle parvient aux bonnes personnes au bon moment.
Respecter les consignes pour éviter les interventions contradictoires
La continuité dépend également du respect des consignes établies par les professionnels responsables.
Une personne peut avoir besoin d'une assistance particulière lors des déplacements, d'un positionnement précis ou de certaines précautions pendant les activités quotidiennes.
Lorsque plusieurs intervenants participent à son accompagnement, ces consignes doivent être appliquées de manière cohérente.
Un préposé ne doit pas, de sa propre initiative, modifier une mesure relevant d'une décision professionnelle.
S'il constate qu'une consigne s'avère difficile à appliquer ou ne correspond plus aux capacités observées, il doit en informer les responsables.
Cette démarche contribue à éviter les interventions contradictoires tout en permettant, au besoin, une réévaluation de la situation.
Préserver les habitudes et les repères de la personne
La continuité ne concerne pas uniquement la sécurité et les consignes professionnelles.
Elle touche également la façon dont une personne vit son accompagnement.
Certaines personnes apprécient qu'on leur explique les étapes d'une intervention. D'autres ont besoin de plus de temps pour se laver ou préfèrent une routine particulière pendant les repas.
Lorsque ces préférences sont connues et compatibles avec les consignes applicables, leur prise en compte peut favoriser le confort et la confiance.
À l'inverse, des changements répétés dans les façons de procéder peuvent être déstabilisants, particulièrement pour les personnes qui ont besoin de repères stables.
C'est pourquoi le respect des habitudes de vie des personnes accompagnées contribue également à la continuité des services.
Les préposé(e)s contribuent à cette cohérence en tenant compte des préférences connues et en communiquant les renseignements pertinents à l'équipe.
Quel rôle lors d'un changement de milieu de soins?
Une hospitalisation, un retour à domicile ou une transition vers un établissement de soins de longue durée peut modifier l'organisation de l'assistance.
Ces transitions nécessitent une coordination entre les professionnels responsables.
Les préposé(e)s ne planifient pas seuls ces démarches, mais leur connaissance du quotidien de la personne peut contribuer à mieux cerner ses besoins d'assistance, ses habitudes et les difficultés rencontrées.
Ils contribuent ainsi à la continuité en transmettant les observations pertinentes relevant de leurs fonctions, conformément aux procédures établies.
Leur contribution permet de compléter les informations dont disposent les professionnels chargés d'organiser le suivi.
Une responsabilité qui s'apprend et se partage
Contribuer à la continuité des services demande plus que de bien réaliser une intervention isolée.
Il faut comprendre comment son travail s'inscrit dans celui des autres, respecter les consignes et communiquer les informations pertinentes.
Les futurs PAB et ASSS développent ces compétences au cours de leur formation, notamment grâce aux apprentissages liés à la communication professionnelle, à l'observation et à la collaboration.
Dans la pratique, la continuité demeure une responsabilité collective.
Chaque intervenant contribue au suivi de la personne selon son rôle. Pour les préposé(e)s, cette contribution repose sur la rigueur des gestes quotidiens et sur la qualité des échanges avec l'équipe.
Foire aux questions
1. Pourquoi la continuité des services est-elle importante pour les personnes accompagnées?
Elle favorise un accompagnement cohérent malgré les changements d'intervenants ou de milieux. Elle permet notamment de mieux tenir compte des consignes, des habitudes et de l'évolution des besoins.
2. Comment les préposé(e)s contribuent-ils à la continuité entre les quarts de travail?
Ils respectent les consignes établies et transmettent les observations pertinentes conformément aux procédures de leur milieu. Cette circulation de l'information aide les intervenants suivants à poursuivre l'accompagnement.
3. Les préposé(e)s aux bénéficiaires sont-ils responsables de coordonner les soins?
Non. La coordination des soins relève des professionnels et des personnes responsables désignés. Les préposé(e)s y contribuent dans les limites de leurs fonctions, notamment par leurs observations, leur communication et leur collaboration.
Pour aller plus loin
👉 Services d'assistance en santé : comprendre le domaine et ses perspectives
👉 Pourquoi les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils faire preuve de jugement professionnel?