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Pourquoi les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils faire preuve de jugement professionnel?

21 février 2013 | Québec

Savoir comment agir, mais aussi quand demander conseil

Une personne refuse soudainement une assistance qu'elle accepte habituellement. Une autre éprouve davantage de difficultés à se déplacer. Un proche demande au préposé d’effectuer une intervention qui ne relève pas de ses responsabilités.

 

Ces situations n'appellent pas nécessairement la même réponse. Elles exigent toutefois une qualité commune : le jugement professionnel.

 

Pour les préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) et les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), cette compétence consiste notamment à reconnaître les particularités d'une situation, à respecter les consignes établies et à déterminer quand il faut solliciter un autre professionnel.

 

Cette capacité à intervenir de façon réfléchie fait partie des apprentissages du programme de Soutien aux services d'assistance en établissement de santé et de services sociaux – 5405 DEP, offert par le Collège CDI.

Qu'est-ce que le jugement professionnel dans les services d'assistance?

Le jugement professionnel est la capacité à mobiliser ses connaissances, ses observations et les consignes applicables pour adopter une conduite appropriée.

 

Il ne s'agit pas de décider librement comment intervenir en toutes circonstances.

 

Les préposé(e)s exercent leurs fonctions dans un cadre précis, avec des responsabilités et des procédures qu'ils doivent respecter.

 

Leur jugement intervient notamment lorsqu'ils doivent :

 

  • reconnaître qu'une situation diffère de ce qui est habituel;
  • tenir compte des capacités et des réactions d'une personne;
  • choisir une façon de communiquer adaptée aux circonstances;
  • appliquer les consignes de sécurité pertinentes;
  • déterminer quand une observation ou une difficulté doit être signalée.

Faire preuve de jugement, ce n'est pas agir sans consulter. C'est aussi savoir reconnaître les situations dans lesquelles une autre personne doit intervenir.

 

Cette distinction est particulièrement importante dans les milieux où plusieurs professionnels participent à l'accompagnement d'une même personne.

Observer les faits avant de réagir

Le jugement professionnel commence souvent par une question simple : que se passe-t-il réellement?

 

Imaginons une personne qui participe habituellement à son habillage, mais qui refuse soudainement de poursuivre.

 

Le préposé pourrait être tenté de conclure qu'elle manque de motivation. Pourtant, plusieurs explications sont possibles : fatigue, inconfort, inquiétude ou une difficulté nouvelle.

 

Plutôt que de tirer une conclusion hâtive, il doit prêter attention aux faits observables et aux explications que la personne peut fournir.

 

Il peut ensuite adapter sa communication et agir conformément aux consignes applicables.

 

Si la situation soulève des préoccupations, il doit transmettre les renseignements pertinents aux professionnels concernés.

 

Cette démarche illustre pourquoi les observations des préposé(e)s aux bénéficiaires sont si importantes.

 

Le jugement professionnel ne remplace pas l'observation : il permet de l'utiliser avec discernement, sans confondre les faits avec des suppositions.

Adapter son approche sans improviser

Même lorsqu'une activité fait partie du quotidien, son déroulement peut varier.

 

Une personne habituellement autonome peut avoir besoin de plus de temps. Une autre peut manifester de l'anxiété avant une intervention pourtant familière.

 

Le préposé doit alors reconnaître que la façon habituelle de procéder n'est peut-être pas la mieux adaptée à ce moment précis.

 

Il peut, par exemple, ralentir le rythme, expliquer plus clairement les étapes ou laisser à la personne le temps d'exprimer ses préoccupations.

 

Ces ajustements doivent toutefois demeurer conformes aux consignes établies.

 

Lorsqu'un changement touche la sécurité ou nécessite une modification des interventions prévues, le préposé doit consulter les professionnels responsables plutôt que de décider seul de nouvelles mesures.

 

Le jugement professionnel consiste donc à distinguer les adaptations relevant de son rôle de celles qui nécessitent une décision professionnelle supplémentaire.

Reconnaître les limites de ses responsabilités

Savoir ce qu'on ne doit pas faire constitue une dimension fondamentale du jugement professionnel.

 

Un préposé peut être confronté à une question médicale, à une demande inhabituelle ou à une situation pour laquelle il ne dispose pas des renseignements nécessaires.

 

Par exemple, un proche peut lui demander pourquoi un traitement a été modifié ou lui demander d’effectuer un geste qui ne relève pas de ses fonctions.

 

Même avec la volonté d'aider, il ne doit pas fournir une explication clinique incertaine ni effectuer une intervention qui dépasse ses responsabilités.

 

Il peut plutôt accueillir la demande avec respect et orienter la personne vers le professionnel concerné.

 

De la même manière, lorsqu'une situation nécessite une évaluation clinique, son rôle consiste à communiquer les observations pertinentes et à suivre les procédures établies.

 

Cette capacité à reconnaître les limites de son rôle protège à la fois la personne accompagnée et l'intervenant.

 

Demander conseil ne témoigne pas d'un manque de compétence. C'est souvent la décision la plus professionnelle.

Faire preuve de jugement dans les situations délicates

Certaines situations ne présentent pas de danger immédiat, mais exigent tout de même de la réflexion.

 

Une personne peut refuser une activité, exprimer une préférence différente de celle de ses proches ou souhaiter accomplir seule un geste pour lequel une assistance est prévue.

 

Le préposé doit alors prendre en compte plusieurs éléments : les choix de la personne, ses capacités, les consignes de sécurité et les responsabilités de chacun.

 

Il ne peut ni ignorer automatiquement les souhaits exprimés ni écarter les procédures pour satisfaire une demande.

 

Son rôle consiste à écouter, à expliquer ce qui relève de son intervention et à solliciter les professionnels concernés lorsque la situation l’exige.

 

Le jugement professionnel contribue ainsi à concilier le respect de la personne et les exigences d'une pratique sécuritaire.

 

Il suppose également reconnaître ses propres limites : lorsqu'une situation est ambiguë, mieux vaut demander une clarification que de s'appuyer sur une interprétation incertaine.

Comment développe-t-on son jugement professionnel?

Le jugement professionnel se construit progressivement grâce aux connaissances, à la pratique et à l'expérience.

 

Durant leur formation, les futurs préposé(e)s aux bénéficiaires et auxiliaires aux services de santé et sociaux apprennent à observer les situations, à appliquer les consignes et à reconnaître les responsabilités inhérentes à leurs fonctions.

 

Les exercices pratiques et les mises en situation leur permettent notamment de réfléchir à différentes façons de réagir face à des besoins ou à des comportements inhabituels.

 

L'expérience professionnelle contribue ensuite à enrichir cette capacité, sans pour autant se substituer à l'obligation de respecter les procédures et de consulter les personnes responsables, le cas échéant.

 

Un bon jugement ne repose donc pas uniquement sur l'habitude. Il demande de rester attentif, de remettre en question ses propres suppositions et de continuer à apprendre.

Foire aux questions

1. Pourquoi le jugement professionnel est-il important pour les préposé(e)s aux bénéficiaires?

Il les aide à reconnaître les spécificités de chaque situation, à adapter leur accompagnement dans les limites de leurs fonctions et à déterminer quand ils doivent signaler un problème ou consulter un autre professionnel.

 

2. Le jugement professionnel permet-il à un préposé de prendre des décisions médicales?

Non. Le jugement professionnel s'exerce dans le cadre de ses responsabilités. Les décisions cliniques qui ne relèvent pas de ses fonctions doivent être prises par les professionnels habilités.

 

3. Que faire lorsqu'un préposé ne sait pas comment réagir à une situation?

Il doit respecter les consignes applicables, éviter d'improviser une intervention et demander conseil à la personne responsable. Si la situation présente un risque urgent, il doit suivre les procédures prévues dans son milieu de travail.

Pour aller plus loin

👉 Services d'assistance en santé : comprendre le domaine et ses perspectives

 

👉 Pourquoi les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils expliquer une intervention avant de la réaliser?

 

👉 Pourquoi les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils travailler en équipe?

 

👉 En savoir plus sur le programme de Soutien aux services d'assistance en établissement de santé et de services sociaux – 5405 DEP offert par le Collège CDI

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