14 juin 2013 | Québec
Un marché du travail qui évolue avec les compétences recherchées
Le marché du travail évolue constamment. Les technologies transforment certaines tâches, de nouveaux outils apparaissent, les besoins des employeurs évoluent et les perspectives d’emploi peuvent varier considérablement d’une profession à l’autre.
Les données récentes montrent d’ailleurs un portrait nuancé au Québec. En 2025, le nombre d’emplois a augmenté d’environ 79 000, soit 1,7 %, pour atteindre près de 4,65 millions. Parallèlement, le nombre de postes vacants a diminué pour une troisième année consécutive.
À moyen terme, les perspectives diffèrent également selon les professions. Pour 2029, le gouvernement du Québec prévoit notamment 36 professions en déficit de main-d’œuvre, 170 en léger déficit et 217 en équilibre, contre 10 en léger surplus et aucune en surplus.
Dans ce contexte, préparer son avenir professionnel ne consiste pas simplement à chercher un secteur où les employeurs recrutent aujourd’hui. Il faut aussi développer les compétences nécessaires pour évoluer dans son métier et sur le marché du travail.
1. Comprendre que le marché du travail n’évolue pas de la même façon partout
Les expressions comme « pénurie de main-d’œuvre » ou « métiers d’avenir » peuvent donner l’impression qu’il existe un marché du travail unique où certaines professions garantissent pratiquement l’emploi.
La réalité est beaucoup plus complexe.
Les perspectives peuvent varier selon la profession, la région, l’expérience recherchée et l’évolution du secteur. Les diagnostics du gouvernement du Québec sont d’ailleurs établis pour 516 professions, à l’échelle provinciale et régionale.
Avant de choisir une formation ou d’envisager une réorientation professionnelle, il peut donc être utile de consulter les perspectives propres au métier et à la région qui vous intéressent.
L’objectif n’est pas de choisir votre carrière uniquement en fonction des prévisions. Vos intérêts, vos aptitudes et vos objectifs professionnels demeurent importants. Les données sur le marché du travail constituent plutôt un élément supplémentaire pour prendre une décision éclairée.
2. Développer des compétences adaptées à son domaine
Posséder une formation pertinente permet d’acquérir des connaissances et des compétences propres à une profession.
Selon le domaine, il peut s’agir de maîtriser certains logiciels, d’apprendre des procédures, d’utiliser de l’équipement spécialisé, d’appliquer des normes professionnelles ou de développer des compétences techniques particulières.
Mais la formation ne constitue pas nécessairement la fin de l’apprentissage.
Les pratiques professionnelles évoluent. Les logiciels changent. De nouvelles méthodes apparaissent. Les normes peuvent être modifiées et certaines tâches transformées par la technologie.
La capacité à actualiser ses connaissances peut donc devenir aussi importante que les connaissances acquises au départ.
3. Miser également sur les compétences transférables
Les compétences techniques ne constituent qu’une partie de ce que vous apportez à un employeur.
Le gouvernement du Canada identifie actuellement neuf compétences pour réussir : la lecture, la rédaction, le calcul, les compétences numériques, la résolution de problèmes, la communication, la créativité et l’innovation, la collaboration et l’adaptabilité.
Ces compétences peuvent être mobilisées dans de nombreux métiers et environnements professionnels.
Savoir communiquer clairement, collaborer avec différentes personnes, résoudre un problème ou s’adapter à une nouvelle façon de travailler peut demeurer pertinent, même lorsque vous changez de poste ou de secteur.
👉 Découvrez également : Comment développer ses compétences transférables pour évoluer professionnellement?
4. Développer ses compétences numériques
Les compétences numériques ne concernent plus uniquement les personnes travaillant dans l'informatique.
Le gouvernement du Canada souligne que la plupart des emplois requièrent désormais des compétences numériques et les définit comme la capacité à utiliser les technologies et les outils numériques pour trouver, gérer, appliquer, créer et partager de l’information et du contenu.
Selon votre métier, cela peut notamment signifier apprendre à utiliser :
- des logiciels spécialisés;
- des outils de communication et de collaboration;
- des plateformes de gestion;
- des systèmes permettant de traiter ou de consulter des données;
- de nouvelles applications propres à votre secteur.
L’objectif n’est pas nécessairement de devenir spécialiste de toutes les technologies. Il s’agit plutôt d’être suffisamment à l’aise pour apprendre à utiliser les outils qui deviennent nécessaires dans votre environnement professionnel.
5. Comprendre comment l’intelligence artificielle peut transformer son métier
L’intelligence artificielle constitue désormais un autre élément à prendre en compte dans la préparation au marché du travail.
Selon une analyse publiée en 2026 par l’Institut de la statistique du Québec, environ 59 % de la main-d’œuvre québécoise occupait en 2024 un emploi présentant une forte exposition potentielle à l’intelligence artificielle, soit environ 2,7 millions de personnes.
Mais l'exposition ne signifie pas nécessairement un remplacement.
L’analyse distingue notamment les situations où l’intelligence artificielle pourrait être complémentaire du travail humain de celles où certaines tâches pourraient être davantage transformées ou effectuées par cette technologie.
Pour une personne qui prépare son avenir professionnel, la bonne question n’est donc pas seulement :
« Est-ce que l’intelligence artificielle va remplacer mon métier? »
Il peut être plus utile de se demander :
« Quelles tâches de mon métier pourraient évoluer et quelles compétences me permettront de travailler efficacement avec de nouveaux outils? »
Cette approche permet de considérer la technologie comme une transformation à comprendre plutôt que de tenter de prédire précisément quels métiers disparaîtront ou apparaîtront.
6. Cultiver sa capacité d’adaptation
Changer de logiciel. Accueillir de nouvelles responsabilités. Travailler avec une nouvelle équipe. Modifier ses méthodes. Apprendre une nouvelle procédure.
La capacité d’adaptation se manifeste de nombreuses façons dans la vie professionnelle.
Dans son modèle des Compétences pour réussir, le gouvernement du Canada définit notamment l’adaptabilité comme la capacité d’ajuster ses objectifs et ses comportements lorsque surviennent des changements prévus ou imprévus.
Cette compétence revêt une importance particulière lorsque les façons de travailler évoluent rapidement.
Être adaptable ne signifie pas accepter tous les changements sans réflexion. Il s’agit plutôt de savoir évaluer une nouvelle situation, d’apprendre ce qui est nécessaire et d’ajuster sa façon de travailler.
👉 Découvrez également : Comprendre les attentes des employeurs au Québec
7. Continuer à apprendre au cours de sa carrière
Il est de moins en moins réaliste de considérer que toutes les connaissances nécessaires à une carrière seront acquises avant d'occuper son premier emploi.
L’apprentissage peut se poursuivre de nombreuses façons : formation complémentaire, perfectionnement professionnel, apprentissage en milieu de travail, lectures spécialisées, accompagnement par des collègues ou l’utilisation de nouvelles technologies.
Cette volonté d’apprendre permet non seulement de suivre l’évolution de son domaine, mais aussi de préparer sa progression professionnelle ou un changement de fonction.
Le modèle canadien des Compétences pour réussir intègre d’ailleurs la formation continue à la notion d’adaptabilité.
Se préparer au marché du travail des prochaines années signifie donc aussi accepter que son parcours professionnel continuera d’évoluer après l’obtention d’un diplôme.
8. Savoir présenter ses compétences aux employeurs
Posséder des compétences, c’est une chose. Être capable de les faire comprendre à un employeur en est une autre.
Lorsque vous préparez votre CV ou vous vous préparez à une entrevue, évitez autant que possible de simplement dresser une liste de qualités.
Si vous affirmez avoir une bonne capacité à résoudre des problèmes, donnez un exemple qui le démontre. Si vous souhaitez mettre en valeur votre adaptabilité, pensez à une situation où vous avez dû apprendre rapidement une nouvelle méthode ou modifier votre façon de travailler.
Les projets réalisés pendant une formation, les stages, les emplois étudiants, le bénévolat et d’autres expériences peuvent constituer des exemples particulièrement utiles en début de carrière.
👉 Découvrez également : Comment bâtir son positionnement professionnel en début de carrière au Québec
9. Ne pas chercher à prédire parfaitement l’avenir
Il peut être tentant de vouloir identifier aujourd’hui le métier qui offrira les meilleures perspectives dans cinq, dix ou quinze ans.
Une telle prédiction demeure difficile.
Même à plus court terme, les perspectives peuvent être très différentes entre des professions que l’on pourrait croire étroitement liées. Les diagnostics gouvernementaux permettent justement d’examiner ces différences plutôt que de supposer que tout un secteur évoluera de la même manière.
Une stratégie plus durable consiste donc à combiner :
- une formation correspondant à ses objectifs;
- des compétences techniques pertinentes;
- des compétences transférables;
- une bonne compréhension des outils numériques;
- une capacité à apprendre;
- une veille sur l’évolution de sa profession.
Cette combinaison permet de préparer son parcours sans dépendre d’une prédiction qui pourrait rapidement devenir obsolète.
10. Construire son parcours professionnel dans la durée
Le premier emploi n’est pas nécessairement une destination définitive.
Une carrière peut comporter plusieurs postes, de nouvelles responsabilités, des périodes de perfectionnement et, parfois, une réorientation professionnelle.
Il peut donc être utile de considérer chaque expérience comme une occasion d’enrichir progressivement son profil.
Qu’avez-vous appris? Quelles nouvelles responsabilités avez-vous assumées? Quelles compétences avez-vous développées? Qu’aimeriez-vous maîtriser ensuite?
Cette réflexion permet de rester acteur de son développement professionnel plutôt que d’attendre qu’un changement du marché du travail impose une réaction.
Se préparer au changement plutôt que tenter de prédire l’avenir
Personne ne peut savoir exactement à quoi ressemblera le marché du travail dans plusieurs années.
Nous savons toutefois que les technologies évoluent, que les besoins en main-d’œuvre varient selon les professions et que les compétences recherchées peuvent changer.
Les données actuelles du Québec montrent d’ailleurs, simultanément, une croissance de l’emploi et une diminution du nombre de postes vacants, ainsi que des perspectives différentes selon les professions.
Dans ce contexte, la meilleure préparation consiste moins à chercher le métier qui garantirait un emploi qu’à développer un ensemble de compétences permettant d’évoluer dans son domaine.
Une formation pertinente peut constituer le point de départ. La capacité à apprendre, à s’adapter, à utiliser les technologies, à collaborer et à résoudre des problèmes peut ensuite contribuer à faire évoluer son parcours professionnel au fil des années.
Foire aux questions
1. Quelles compétences seront importantes sur le marché du travail dans les prochaines années?
Les compétences recherchées varient selon les professions. Le gouvernement du Canada identifie toutefois neuf compétences fondamentales et transférables : lecture, rédaction, calcul, compétences numériques, résolution de problèmes, communication, créativité et innovation, collaboration et adaptabilité.
2. Les compétences numériques sont-elles importantes dans tous les secteurs?
Elles occupent désormais une place dans une grande variété de professions. Leur nature varie toutefois selon le métier. Il peut s’agir d’utiliser des logiciels spécialisés, des plateformes de communication, des systèmes de gestion ou d’autres outils numériques.
3. L’intelligence artificielle va-t-elle transformer le marché du travail au Québec?
L’Institut de la statistique du Québec estime qu’environ 59 % de la main-d’œuvre québécoise occupait en 2024 un emploi fortement exposé à l’IA. Cette exposition peut toutefois correspondre aussi bien à une complémentarité avec le travail humain qu’à une transformation de certaines tâches.
4. Comment savoir si une profession offre de bonnes perspectives d’emploi?
Le gouvernement du Québec publie des diagnostics du marché du travail pour 516 professions, à l’échelle du Québec et de ses régions. Ces données permettent de vérifier si une profession devrait être en déficit, en équilibre ou en surplus de main-d’œuvre.
5. Comment rester pertinent professionnellement lorsque son secteur évolue?
La formation continue, le développement des compétences numériques et transférables, l’adaptabilité et la veille sur l’évolution de son métier peuvent aider à suivre les transformations de son secteur.
Pour aller plus loin
👉 Retour aux études à l’âge adulte : à quoi s’attendre vraiment
👉 Comment gagner la confiance de son employeur dans un nouvel emploi?
👉 Comment maintenir un bon équilibre entre travail et vie personnelle?