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Questions inattendues en entrevue : comment bien réagir?

31 mai 2013 | Québec

Une question imprévue peut aussi devenir une occasion de se démarquer

Vous avez préparé votre entrevue avec soin. Vous connaissez l’entreprise, vous avez relu l’offre d’emploi et vous avez réfléchi aux questions classiques sur vos compétences, votre formation et vos expériences. Puis, le recruteur vous pose une question à laquelle vous ne vous attendiez absolument pas.

 

Que faire?

 

Une question inattendue ne signifie pas nécessairement que l’entrevue tourne mal. Elle peut simplement permettre au recruteur d’en apprendre davantage sur votre façon de réfléchir, de communiquer ou de réagir face à une situation nouvelle. Certaines entrevues comportent d’ailleurs des mises en situation destinées à évaluer les habiletés d’une personne candidate ainsi que sa façon de résoudre des problèmes.

 

L’objectif n’est donc pas de préparer une réponse à toutes les questions imaginables. Il s’agit plutôt d’apprendre à réagir lorsque la réponse n’est pas encore prête.

1. Pourquoi poser des questions auxquelles on ne s’attend pas?

Les questions d’entrevue permettent aux employeurs d’évaluer bien plus que les renseignements figurant dans un CV. Elles peuvent notamment servir à mieux comprendre le profil, les capacités et les motivations d’une personne candidate.

 

Certaines questions portent directement sur l’expérience professionnelle. D’autres peuvent demander de raconter une situation vécue, d’expliquer une décision ou de résoudre un problème hypothétique.

 

Par exemple :

 

Parlez-moi d’une situation où vous avez dû vous adapter rapidement.

 

Que feriez-vous si vous receviez deux demandes urgentes en même temps?

 

Racontez-moi une erreur que vous avez commise et ce que vous en avez appris.

 

Comment réagiriez-vous si vous étiez en désaccord avec un collègue?

 

Ces questions permettent notamment d’observer comment vous mobilisez vos expériences et vos compétences pour répondre à une situation concrète.

 

👉 Découvrez également : Comment réussir son entrevue pour un premier emploi

2. Prendre quelques secondes avant de répondre

Une question vous surprend? Vous n’êtes pas obligé de commencer à parler immédiatement.

 

Quelques secondes de réflexion peuvent vous permettre de comprendre la question, de choisir un exemple pertinent et d’organiser votre réponse.

 

Le gouvernement du Québec recommande justement de prendre le temps de réfléchir à ses réponses et, lorsqu’une question n’est pas comprise, de demander des explications plutôt que de répondre précipitamment.

 

Vous pourriez simplement dire que vous souhaitez prendre un instant pour réfléchir.

 

Ce court silence peut sembler beaucoup plus long pour vous que pour la personne qui mène l’entrevue. Il vaut généralement mieux prendre quelques secondes pour formuler une réponse structurée que de commencer immédiatement et de perdre le fil de sa pensée.

3. Chercher à comprendre ce que le recruteur veut évaluer

Lorsqu’une question semble inhabituelle, essayez de déterminer quelle compétence pourrait se cacher derrière elle.

 

Une mise en situation impliquant plusieurs tâches urgentes peut mettre en jeu la gestion des priorités.

 

Une question sur un désaccord avec un collègue peut servir à évaluer la communication et la collaboration.

 

Une question concernant une erreur passée peut permettre d’aborder la capacité à reconnaître ses erreurs, à apprendre et à s’améliorer.

 

Une situation nouvelle peut mettre en jeu l’adaptabilité ou la résolution de problèmes.

 

Les employeurs cherchent notamment à obtenir de l’information sur les capacités, les habiletés, les aptitudes et l’expérience pertinentes au poste.

 

Comprendre ce que la question cherche à faire ressortir peut donc vous aider à choisir une réponse beaucoup plus pertinente.

 

👉 Découvrez également : Comprendre les attentes des employeurs au Québec

4. Utiliser des exemples concrets

Lorsqu’on vous demande comment vous avez réagi dans une situation donnée, une réponse concrète est généralement plus convaincante qu’une affirmation générale.

 

Dire : « Je travaille bien sous pression » donne relativement peu d’information.

 

Expliquer comment vous avez réussi à terminer un projet important malgré un imprévu montre que l’exemple ne doit pas nécessairement provenir d’un emploi à temps plein. Si vous commencez votre carrière, vous pouvez puiser dans différentes expériences :

 

  • un stage;
  • un emploi étudiant;
  • un projet réalisé pendant votre formation;
  • une activité bénévole;
  • un travail d’équipe;
  • une responsabilité personnelle pertinente.

L’important est de choisir une situation qui permette de comprendre ce que vous avez fait et ce que cette expérience révèle de vos compétences.

 

👉 Découvrez également : Identifier et valoriser ses compétences pratiques en début de carrière au Québec

5. Structurer sa réponse lorsqu’une question est complexe

Une question comportementale peut devenir beaucoup plus facile à traiter lorsqu’on décompose sa réponse.

 

Vous pouvez notamment présenter :

 

la situation, pour donner le contexte;

la tâche ou le problème, pour expliquer ce qui devait être accompli;

les actions, pour préciser ce que vous avez fait;

le résultat, pour montrer ce qui s’est produit ou ce que vous avez appris.

 

L’objectif n’est pas de réciter une formule apprise par cœur. Cette structure sert plutôt de repère pour éviter de raconter une longue histoire sans faire ressortir l’essentiel.

 

Elle peut être particulièrement utile lorsque la question vous prend au dépourvu.

6. Réfléchir à voix haute devant un problème

Certaines entrevues peuvent comporter une mise en situation où l’on vous demande de résoudre un problème. Le gouvernement du Québec indique d’ailleurs que ce type d’entrevue peut servir à observer la façon dont une personne réagit face à un problème ou sous pression.

 

Dans cette situation, le raisonnement peut être aussi intéressant que la réponse finale.

 

Vous pouvez commencer par préciser les renseignements dont vous disposez, identifier ce qui vous manque, formuler des hypothèses et expliquer les étapes que vous suivriez.

 

Si des informations essentielles manquent, vous pouvez également poser des questions.

 

Vous montrez alors comment vous abordez un problème lorsque la solution n’est pas immédiatement évidente.

 

👉 Découvrez également : Comment développer ses compétences transférables pour évoluer professionnellement?

7. Que faire lorsqu’on ne connaît pas la réponse?

Contrairement à un conseil souvent donné autrefois, il n’est pas nécessaire d’inventer une réponse pour éviter de dire que vous ne savez pas.

 

Tout dépend de la question.

 

S’il s’agit d’une question factuelle ou technique et que vous ne connaissez pas réellement la réponse, mieux vaut éviter d’improviser une information erronée. Vous pouvez reconnaître vos limites de connaissances et, lorsque cela est pertinent, expliquer comment vous chercheriez l’information ou comment vous procéderiez pour trouver une solution.

 

Si vous connaissez une partie de la réponse, commencez par ce que vous savez et précisez les éléments à vérifier.

 

Cette façon de répondre peut notamment mettre en évidence votre raisonnement, votre capacité à reconnaître les limites de vos connaissances et votre manière d'aborder une situation nouvelle.

8. Demander une reformulation lorsque la question n’est pas claire

Une question inattendue peut aussi être tout simplement ambiguë.

 

Dans ce cas, demander une précision n’est pas nécessairement un signe d’hésitation. Le gouvernement du Québec recommande explicitement de demander des explications lorsqu’une question d’entrevue n’est pas comprise.

 

Vous pouvez demander au recruteur de préciser un élément ou de vérifier votre compréhension avant de répondre.

 

Cette démarche peut même éviter de consacrer plusieurs minutes à une réponse qui ne correspond pas à la demande.

9. Se préparer à l’imprévu sans apprendre des réponses par cœur

Il est évidemment utile de préparer certaines questions avant une entrevue. Le gouvernement du Québec recommande de consulter l’offre d’emploi, d’identifier les compétences recherchées, de préparer des réponses et de faire des simulations d’entrevue.

 

Mais préparer une entrevue ne consiste pas à mémoriser un texte.

 

Une stratégie plus souple consiste à préparer une banque de situations concrètes permettant d’illustrer différentes compétences :

 

  • une réussite;
  • un problème résolu;
  • une difficulté surmontée;
  • une erreur et ce qu’elle vous a appris;
  • une situation de travail en équipe;
  • une initiative;
  • une situation où vous avez dû apprendre rapidement.

Une même expérience peut parfois servir à répondre à plusieurs questions, selon l’angle sous lequel elle est présentée.

 

Vous serez ainsi mieux préparé à adapter votre réponse lorsque la formulation de la question évolue.

10. Faire d’une question difficile une occasion de montrer ses compétences

Une question inattendue peut être déstabilisante, particulièrement lorsqu’on a encore peu d’expérience en entrevue.

 

Mais elle peut également offrir l’occasion de mettre en valeur des qualités qu’une réponse parfaitement préparée ferait moins ressortir : la capacité d’adaptation, l’écoute, la communication, le jugement, la résolution de problèmes ou la confiance professionnelle.

 

L’essentiel est de ne pas chercher absolument la réponse « parfaite ».

 

Écoutez la question. Prenez le temps de réfléchir. Demandez une précision au besoin. Appuyez-vous sur une expérience concrète lorsque c’est possible et expliquez votre raisonnement lorsqu’on vous soumet un problème.

 

Et après l’entrevue, notez les questions qui vous ont posé le plus de difficultés. Revenir sur ces questions et retravailler ses réponses font partie des moyens recommandés pour améliorer ses performances lors des entrevues à venir.

 

👉 Découvrez également : Comment bâtir son positionnement professionnel en début de carrière au Québec

Foire aux questions

1. Pourquoi les recruteurs posent-ils des questions inattendues?
Les questions peuvent servir à obtenir de l’information sur les capacités, les habiletés, les motivations ou les expériences d’une personne candidate. Certaines mises en situation permettent également d’observer sa manière d’aborder un problème.

 

2. Que faire si je ne comprends pas une question d’entrevue?
Demandez au recruteur de la reformuler ou de préciser ce qu’il souhaite savoir. Demander des explications lorsqu’une question n’est pas comprise fait partie des recommandations du gouvernement du Québec pour réussir une entrevue.


3. Que répondre lorsqu’on ne connaît pas la réponse?
Évitez d’inventer une information. Selon le type de question, vous pouvez reconnaître que vous ne connaissez pas la réponse, expliquer ce que vous savez déjà et préciser comment vous chercheriez l’information ou aborderiez le problème.


4. Comment répondre à une question comportementale?
Choisissez une situation concrète et expliquez brièvement le contexte, le problème ou la tâche, les actions que vous avez entreprises et le résultat obtenu. L’exemple doit surtout permettre au recruteur de comprendre comment vous avez mobilisé vos compétences.


5. Comment se préparer aux questions inattendues?
Plutôt que de mémoriser des dizaines de réponses, préparez plusieurs expériences qui illustrent vos compétences et entraînez-vous à les raconter sous différents angles. Les simulations d’entrevue peuvent également vous aider à gagner en aisance.

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