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Pourquoi l'éthique est-elle essentielle dans le travail des préposé(e)s aux bénéficiaires?

14 août 2012 | Québec

Une profession où chaque décision compte

Une personne refuse l'aide qu'on lui propose pour sa toilette. Une autre confie une information personnelle qu'elle ne souhaite pas voir divulguée. Un résident veut accomplir seul une activité, même s'il éprouve des difficultés à se déplacer.

 

Ces situations peuvent sembler ordinaires, mais elles soulèvent des questions importantes : comment respecter les choix d'une personne tout en veillant à sa sécurité? Quelles informations peut-on partager? Jusqu'où peut-on intervenir sans dépasser ses responsabilités?

 

Pour les préposé(e)s aux bénéficiaires (PAB) et les auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), l'éthique aide à orienter les comportements et les décisions dans ce type de situation.

 

Cette dimension professionnelle fait partie des apprentissages du programme de Soutien aux services d'assistance en établissement de santé et de services sociaux – 5405 DEP, offert par le Collège CDI, qui prépare les étudiants à accompagner les personnes dans le respect de leurs droits et des responsabilités associées à leur fonction.

Qu'est-ce que l'éthique dans les services d'assistance?

L'éthique professionnelle consiste à réfléchir à la manière d'agir de façon responsable, notamment lorsque plusieurs considérations doivent être prises en compte.

 

Dans le travail des préposé(e)s aux bénéficiaires, elle concerne notamment :

 

  • le respect des droits et des choix des personnes;
  • la protection de leur intimité et de leurs renseignements personnels;
  • la sécurité et la prévention des risques;
  • le respect des limites de ses responsabilités;
  • l'équité dans la manière d'accompagner les différentes personnes.

L'éthique ne remplace ni les lois, ni les règles professionnelles, ni les procédures des établissements. Elle contribue plutôt à guider les comportements dans leur mise en pratique au quotidien.

 

Elle devient particulièrement importante lorsque la meilleure façon d'intervenir n'est pas immédiatement évidente.

Respecter les choix d'une personne, même lorsqu'ils compliquent une intervention

Une personne qui a besoin d'assistance conserve des droits, des préférences et la possibilité d'exprimer ses choix.

 

Elle peut, par exemple, ne pas souhaiter recevoir de l'aide à un moment précis ou préférer effectuer elle-même une activité.

 

Pour le préposé aux bénéficiaires, la première réaction ne devrait pas être d'imposer son intervention simplement parce qu'elle était prévue.

 

Il doit chercher à comprendre la situation, expliquer l'assistance proposée et respecter les consignes applicables.

 

Si le refus soulève des préoccupations concernant la santé ou la sécurité de la personne, il doit en informer les professionnels concernés plutôt que de prendre seul une décision qui dépasse ses responsabilités.

 

Respecter l'autonomie ne signifie pas ignorer les risques. Il s'agit de reconnaître les choix de la personne tout en assumant ses obligations professionnelles.

 

Cette distinction est au cœur de nombreuses situations rencontrées au sein des services d'assistance.

Préserver l'intimité dans les gestes du quotidien

L'éthique se manifeste aussi dans des gestes qui peuvent paraître simples.

 

Avant d'aider une personne à s'habiller ou à effectuer sa toilette, le préposé peut expliquer ce qu'il s'apprête à faire, préserver son intimité et éviter de l'exposer inutilement au regard des autres.

 

Il doit également tenir compte de la gêne ou de l'inconfort que certaines interventions peuvent entraîner.

 

Une personne qui a toujours été autonome peut éprouver des difficultés à accepter qu'un professionnel l'aide dans des activités aussi personnelles.

 

Le respect de sa dignité passe alors autant par la manière d'intervenir que par l'assistance elle-même.

 

Ces considérations sont approfondies dans l'article : Pourquoi les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils respecter la dignité des personnes?

Savoir ce qui peut être partagé et avec qui

Les préposé(e)s aux bénéficiaires peuvent avoir accès à des renseignements sensibles concernant l'état de santé, les habitudes ou la situation personnelle des personnes accompagnées.

 

Ces informations ne doivent pas être discutées librement avec des collègues qui n'en ont pas besoin, avec d'autres résidents ou avec des personnes extérieures.

 

Même lorsqu'un proche pose une question avec de bonnes intentions, le préposé doit respecter les règles de confidentialité et les autorisations applicables.

 

Il faut toutefois distinguer la discrétion du silence professionnel.

 

Lorsqu'une observation pertinente doit être communiquée à un membre autorisé de l'équipe de soins, sa transmission peut s'avérer nécessaire à la sécurité et à la continuité des services.

 

L'enjeu éthique consiste donc à protéger les renseignements personnels sans entraver les communications professionnelles nécessaires.

Reconnaître les limites de son rôle

Vouloir aider ne suffit pas toujours à justifier une intervention.

 

Une personne accompagnée peut demander au préposé d'accomplir un geste qui ne relève pas de ses responsabilités ou pour lequel il n'a pas reçu les consignes nécessaires.

 

Même si la demande semble raisonnable, il ne doit pas improviser une intervention qui dépasse son champ d'activité.

 

Il peut plutôt expliquer la situation et solliciter l'assistance du professionnel concerné.

 

Cette capacité à reconnaître ses limites constitue une manifestation importante de l'éthique professionnelle.

 

Elle permet de protéger la personne accompagnée, mais aussi de préserver une collaboration claire entre les différents membres de l'équipe.

Agir avec équité et sans jugement

Les personnes accompagnées n'ont pas toutes les mêmes habitudes, les mêmes valeurs ni les mêmes façons de communiquer.

 

Certaines peuvent exprimer leur mécontentement, refuser régulièrement une activité ou adopter des comportements difficiles à comprendre.

 

D'autres possèdent des croyances ou des préférences qui diffèrent de celles du préposé.

 

Dans ces situations, l'éthique exige de maintenir une attitude professionnelle, sans laisser les préférences personnelles ni les jugements influer sur la qualité de l'assistance.

 

Cela ne signifie pas que toutes les personnes doivent recevoir exactement la même aide.

 

Agir avec équité, c'est offrir une assistance adaptée aux besoins de chacun, tout en respectant les droits, les consignes et les responsabilités professionnelles.

Que faire lorsqu'une situation soulève un dilemme?

Certaines situations ne présentent pas de réponse simple.

 

Imaginons un résident qui souhaite se déplacer seul, alors que ses difficultés de mobilité soulèvent des préoccupations de sécurité.

 

Le préposé doit tenir compte du souhait exprimé, mais aussi des consignes établies et des risques observés.

 

Plutôt que de décider seul d'autoriser ou d'interdire le déplacement, il doit appliquer les mesures prévues, communiquer avec la personne concernée et solliciter les membres de l'équipe concernés lorsque nécessaire.

 

Ce type de situation montre pourquoi l'éthique est étroitement liée au jugement professionnel.

 

Il ne s'agit pas uniquement de connaître les règles, mais aussi de reconnaître les situations où une clarification, une communication ou une intervention de l'équipe sont nécessaires.

Développer une conduite professionnelle pendant la formation

Cette formation de 705 heures prépare les étudiants à exercer des fonctions d'assistance en tenant compte des droits, des besoins et de la sécurité des personnes.

 

Les cours, les exercices pratiques et les mises en situation contribuent notamment au développement de la communication professionnelle, du jugement, du respect des consignes et des attitudes attendues dans les milieux de soins.

 

Le programme comprend également 75 heures d'intégration en milieu de travail, qui permettent d'appliquer ces apprentissages dans un contexte professionnel.

 

Offerte aux campus de Laval et de Montréal, la formation prépare les futurs préposé(e)s aux bénéficiaires et auxiliaires aux services de santé et sociaux à exercer leurs responsabilités dans différents milieux du réseau de la santé et des services sociaux.

Foire aux questions

1. Pourquoi l'éthique est-elle importante pour les préposé(e)s aux bénéficiaires?

Parce que leur travail les amène à intervenir auprès de personnes susceptibles de se trouver en situation de vulnérabilité. L'éthique contribue à guider leurs comportements et leurs décisions afin de respecter les droits, la dignité, les choix et la sécurité des personnes accompagnées.

 

2. Que doit faire un préposé aux bénéficiaires lorsqu'une personne refuse son aide?

Il doit prendre en considération le refus, communiquer avec la personne concernée et respecter les consignes applicables. Si la situation soulève des préoccupations concernant sa santé ou sa sécurité, il doit en informer les professionnels concernés plutôt que de prendre seul une décision qui dépasse ses responsabilités.

 

3. Quelle est la différence entre l'éthique et la confidentialité?

L'éthique englobe plusieurs dimensions de la conduite professionnelle, notamment le respect des droits, l'équité, la sécurité et les limites de la responsabilité. La confidentialité concerne plus précisément la protection des renseignements personnels et les conditions dans lesquelles ces renseignements peuvent être communiqués.

Pour aller plus loin

👉 Services d'assistance en santé : comprendre le domaine et ses perspectives

 

👉 Pourquoi la confidentialité est-elle essentielle dans le travail des préposé(e)s aux bénéficiaires?

 

👉 Pourquoi les préposé(e)s aux bénéficiaires doivent-ils faire preuve de jugement professionnel?

 

👉 En savoir plus sur le programme de Soutien aux services d'assistance en établissement de santé et de services sociaux – 5405 DEP offert par le Collège CDI

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