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Déficience physique et éducation spécialisée : comment soutenir l’autonomie et la participation?

2 juillet 2014 | Québec

Adapter l’accompagnement aux capacités, aux besoins et à l’environnement de la personne

Une déficience physique peut avoir des répercussions différentes d’une personne à l’autre. Selon la situation, certaines activités du quotidien, certains déplacements ou la participation à diverses activités peuvent nécessiter des adaptations ou un soutien particulier.

 

En éducation spécialisée, l’accompagnement ne consiste toutefois pas à définir une personne en fonction de ses limitations. Il faut également prendre en compte ses capacités, ses besoins, son environnement et les objectifs qu’elle souhaite atteindre.

 

Auprès d’une personne ayant une déficience physique, l’éducation spécialisée peut notamment contribuer à soutenir l’autonomie, l’adaptation et la participation dans divers milieux de vie.

 

Cette clientèle fait partie de celles abordées dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, où les étudiantes et étudiants apprennent à observer les besoins et à adapter leurs interventions à différentes réalités.

Qu’entend-on par déficience physique?

La déficience physique peut toucher différentes fonctions et se manifester de multiples façons.

 

Pour l’éducatrice ou l’éducateur spécialisé, l’objectif n’est pas de poser un diagnostic ni d’intervenir sur les aspects médicaux de la déficience. Son rôle se situe plutôt du côté des besoins d’adaptation et des répercussions que certaines limitations peuvent avoir sur le quotidien de la personne.

 

Une même limitation ne produit d’ailleurs pas nécessairement les mêmes effets chez deux personnes.

 

L’âge, les capacités, les habitudes de vie, les activités réalisées, le soutien disponible et les caractéristiques de l’environnement peuvent tous influencer la situation.

 

C’est pourquoi l’intervention doit partir de la personne plutôt que d’une idée générale de ce que devrait être la vie avec une déficience physique.

Pourquoi faut-il observer les capacités autant que les difficultés?

Lorsqu’une personne éprouve de la difficulté à réaliser une activité, il peut être tentant de concentrer toute son attention sur ce qu’elle ne parvient pas à accomplir.

En éducation spécialisée, l’observation permet d’obtenir un portrait plus nuancé.

 

Quelles étapes la personne peut-elle accomplir seule? À quel moment une difficulté apparaît-elle? Quel type de soutien facilite l’activité? Certains éléments de l’environnement créent-ils des obstacles? La personne utilise-t-elle déjà des stratégies efficaces?

 

Ces informations permettent de mieux comprendre la situation et d’éviter de présumer des capacités d’une personne uniquement à partir de sa déficience.

 

Elles peuvent également aider à déterminer où un accompagnement est réellement nécessaire et où la personne peut exercer davantage son autonomie.

 

👉 Découvrez également : L’observation en éducation spécialisée : comprendre avant d’intervenir

Soutenir l’autonomie sans faire à la place de la personne

L’autonomie ne signifie pas nécessairement réaliser chaque activité sans aide.

 

Une personne peut bénéficier de soutien, d’adaptations ou de différentes ressources tout en participant activement aux décisions et aux activités qui la concernent.

 

Cette distinction est particulièrement importante en éducation spécialisée.

 

Lorsqu’une tâche présente une difficulté, faire systématiquement à la place de la personne peut parfois réduire les possibilités de développer ou de maintenir certaines habiletés. À l’inverse, exiger une autonomie complète sans tenir compte des capacités et des besoins peut créer des obstacles inutiles.

 

L’intervention vise plutôt à trouver un équilibre.

 

Que peut faire la personne elle-même? De quel soutien a-t-elle besoin? Quelles adaptations pourraient lui permettre de participer davantage?

 

Les réponses peuvent évoluer avec le temps et doivent être réévaluées en fonction de la situation.

Pourquoi l’environnement peut-il faciliter ou limiter la participation?

Une difficulté ne provient pas toujours uniquement des capacités de la personne.

 

L’environnement dans lequel une activité se déroule peut également jouer un rôle important.

 

L'organisation d'un espace, la façon dont une activité est proposée, les ressources disponibles ou encore certaines attitudes peuvent faciliter la participation ou, au contraire, créer des obstacles supplémentaires.

 

Cette perspective rejoint l’approche biopsychosociale abordée dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U. Les étudiantes et étudiants apprennent à prendre en compte différents facteurs biologiques, psychologiques et sociaux susceptibles d’influencer l’adaptation.

 

Plutôt que de se demander uniquement « qu’est-ce que cette personne ne peut pas faire? », l’intervention peut donc amener à se demander « qu’est-ce qui pourrait être adapté pour lui permettre de participer davantage? »

 

👉 Découvrez également : Adaptation biopsychosociale : pourquoi faut-il considérer la personne dans son ensemble?

Comment adapter une activité aux capacités de la personne?

Les activités d’intervention peuvent être utilisées pour travailler différentes habiletés et favoriser la participation.

 

Pour être pertinente, une activité doit cependant être adaptée aux capacités et aux besoins de la personne.

 

Cela peut nécessiter de modifier certaines étapes, d’ajuster le niveau de difficulté, de prévoir davantage de temps ou de changer la manière dont la personne participe.

L’objectif poursuivi demeure important.

 

Une adaptation ne consiste pas simplement à rendre une activité plus facile. Elle vise plutôt à permettre à la personne de participer de manière significative tout en travaillant sur les objectifs fixés dans le cadre de l’intervention.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent notamment à concevoir, animer et évaluer des activités d’intervention en fonction des besoins des clientèles.

Pourquoi la participation est-elle aussi importante que l’autonomie?

L’autonomie occupe une place importante dans l’intervention, mais elle ne constitue pas l’unique objectif possible.

 

Une personne peut également souhaiter participer davantage à des activités sociales, éducatives, communautaires ou à d’autres dimensions de son milieu de vie.

 

Certaines contraintes ou obstacles environnementaux peuvent compliquer cette participation.

 

L’accompagnement peut alors viser à identifier ce qui facilite ou freine la participation et à rechercher des moyens adaptés à la situation.

 

Cette façon d’intervenir évite de mesurer les progrès uniquement à partir de ce qu’une personne parvient à accomplir seule.

 

Pouvoir faire des choix, prendre part à une activité, entretenir des relations et occuper une place active dans son milieu constituent également des dimensions importantes de la participation.

Quelle place occupent la communication et la relation d’aide?

Comme auprès des autres clientèles, la qualité de la communication influence l’intervention.

 

Il faut comprendre les besoins et les préférences de la personne plutôt que de présumer ce qui lui conviendrait.

 

La relation d’aide permet notamment de créer un espace où la personne peut exprimer ses objectifs, ses difficultés et son point de vue.

 

Cette écoute est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de déterminer le niveau de soutien approprié.

 

Une intervention conçue sans tenir compte de la personne risque de répondre davantage aux attentes du milieu qu’à ses besoins réels.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U comprend donc des apprentissages en communication, en interrelations et en relation d’aide qui peuvent être mobilisés auprès de différentes clientèles.

Comment favoriser la responsabilisation et la prise de décision?

Soutenir l’autonomie signifie également permettre à la personne de participer aux décisions qui la concernent, en fonction de ses capacités et de sa situation.

 

L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé peut l’accompagner pour identifier un besoin, examiner différentes possibilités, exprimer une préférence ou participer à la recherche d’une solution.

 

La responsabilisation ne signifie pas laisser la personne seule face à une difficulté.

 

Elle consiste plutôt à lui permettre d’exercer progressivement davantage de contrôle sur certaines dimensions de son quotidien, lorsque c’est possible.

 

Cette participation peut également renforcer la motivation puisque les objectifs poursuivis prennent davantage de sens lorsqu’ils correspondent aux besoins et aux priorités de la personne.

 

👉 Découvrez également : Estime de soi et responsabilisation : comment les soutenir en éducation spécialisée?

Pourquoi le plan d’intervention doit-il être individualisé?

Deux personnes présentant une déficience physique peuvent avoir des besoins très différents.

 

Un plan d’intervention ne peut donc pas être élaboré uniquement à partir d’une catégorie de clientèle.

 

L’observation permet d’identifier d’abord les besoins et les capacités. Des objectifs peuvent ensuite être déterminés, puis des moyens d’intervention choisis en fonction de la situation.

 

Les résultats doivent également être évalués.

 

Une stratégie qui fonctionne bien pour une personne peut être peu adaptée à une autre. Même pour une même personne, les besoins peuvent évoluer et nécessiter des ajustements.

 

Le plan d’intervention permet ainsi de maintenir une démarche structurée tout en reconnaissant que l’accompagnement doit demeurer individualisé et évolutif.

Pourquoi le travail d’équipe peut-il être nécessaire?

Une personne ayant une déficience physique peut recevoir des services de la part de différents professionnels et intervenants, selon ses besoins.

 

L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé peut donc être appelé à collaborer avec d’autres membres d’une équipe ainsi qu’avec le réseau de soutien de la personne lorsque la situation le demande.

 

Chacun apporte alors une perspective et des compétences différentes.

 

Les observations réalisées au quotidien peuvent notamment contribuer au suivi de certains objectifs, tandis que les échanges entre les personnes concernées peuvent favoriser une meilleure continuité de l’accompagnement.

 

Cette collaboration doit respecter les responsabilités professionnelles de chacun ainsi que les règles de confidentialité.

Éviter de réduire la personne à sa déficience

Une déficience physique constitue une caractéristique de la situation d’une personne. Elle ne résume ni ses capacités ni ses intérêts ni ses objectifs.

 

Cette distinction influence directement la manière d’intervenir.

 

Plutôt que de partir d’une liste de limitations associées à une déficience, l’éducation spécialisée cherche à comprendre cette personne dans son environnement.

 

Qu’est-ce qui est important pour elle? Quelles capacités possède-t-elle déjà? Quels obstacles rencontre-t-elle? Quels moyens pourraient favoriser son autonomie ou sa participation?

 

Cette approche permet de construire un accompagnement qui ne se contente pas de compenser des difficultés, mais qui reconnaît et mobilise aussi les capacités de la personne.

Adapter l’intervention pour favoriser les possibilités

L’intervention auprès des personnes ayant une déficience physique illustre bien un principe central de l’éducation spécialisée : les besoins ne peuvent pas être déterminés uniquement à partir d’une caractéristique ou d’un diagnostic.

 

L’observation, la communication et l’analyse de l’environnement permettent de mieux comprendre ce qui facilite ou limite l’autonomie et la participation.

 

L’intervention peut ensuite être adaptée aux capacités, aux objectifs et à l’évolution de la personne.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, les étudiantes et étudiants développent notamment leurs compétences en observation, en communication, en relation d’aide, en planification et en adaptation des interventions auprès de clientèles diversifiées.

 

Auprès d’une personne ayant une déficience physique, ces compétences permettent de déplacer la question de « ce qu’elle ne peut pas faire » vers les moyens qui lui permettent d’agir et de participer davantage.

Foire aux questions

1. Quel rôle peut jouer l’éducation spécialisée auprès d’une personne ayant une déficience physique?
Selon les besoins de la personne et le milieu d’intervention, l’accompagnement peut notamment contribuer au développement ou au maintien de l’autonomie, à l’adaptation de certaines activités et à une participation accrue dans divers contextes. L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé s’intéresse aux capacités, aux besoins et à l’environnement de la personne plutôt qu’aux aspects médicaux de la déficience.

 

2. Soutenir l’autonomie signifie-t-il que la personne doit tout faire seule?
Non. L’autonomie peut inclure l’utilisation de soutien, d’adaptations ou de ressources. L’objectif consiste plutôt à permettre à la personne de participer aussi activement que possible aux activités et aux décisions qui la concernent, en tenant compte de ses capacités et de ses besoins.

 

3. Pourquoi l’environnement est-il important dans l’intervention?
Parce que certains obstacles peuvent provenir du contexte dans lequel une activité se déroule plutôt que de la personne elle-même. Observer l’environnement permet de déterminer si certaines adaptations pourraient faciliter l’activité, l’autonomie ou la participation.

Pour aller plus loin

👉 Techniques d’éducation spécialisée : comprendre le domaine et ses perspectives

 

👉 Comment concevoir une activité d’intervention en éducation spécialisée?

 

👉 Pourquoi faut-il évaluer les résultats d’une intervention en éducation spécialisée?

 

👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI

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