24 septembre 2013 | Québec
Transformer un besoin observé en activité adaptée à la personne
Une activité d’intervention en éducation spécialisée ne consiste pas simplement à trouver une occupation intéressante.
Derrière une activité se trouvent un besoin à comprendre, un objectif à déterminer, des moyens à choisir et des résultats à observer. La même activité peut d’ailleurs être pertinente pour une personne et beaucoup moins pertinente pour une autre.
Une activité peut notamment viser le développement d’habiletés sociales, de capacités de communication, de l’estime de soi, de la responsabilisation ou de stratégies de résolution de problèmes. Pour être utile, elle doit toutefois correspondre aux besoins et aux capacités de la personne accompagnée.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, deux cours sont consacrés aux activités d’intervention. Les étudiantes et étudiants apprennent notamment à déterminer les besoins, à établir des objectifs, à concevoir et à animer des activités, puis à en évaluer les résultats et à les adapter.
Comment passe-t-on alors d’un besoin observé à une activité d’intervention structurée?
Une activité commence par un besoin
Avant de choisir une activité, il faut savoir pourquoi on souhaite la proposer.
Une personne peut, par exemple, avoir besoin de développer certaines habiletés, de participer davantage aux interactions avec les autres ou d’acquérir des stratégies lui permettant de mieux composer avec certaines situations.
L’activité devient alors un moyen d’intervention, et non une fin en soi.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les apprentissages liés aux activités d’intervention commencent par l’analyse des besoins de la clientèle.
Cette première étape est essentielle. Sans besoin clairement identifié, il devient difficile de savoir sur quoi l’activité devrait porter et comment en déterminer ensuite la pertinence.
L’observation aide à comprendre la situation
Comment déterminer les besoins d’une personne?
L’observation constitue l’une des sources d’information permettant de mieux comprendre ce qui se passe.
Il peut être utile d’examiner les comportements, les interactions, les capacités de la personne, ainsi que le contexte dans lequel certaines situations surviennent. Les informations recueillies permettent ensuite de dépasser les premières impressions.
Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U comprend d’ailleurs un cours consacré aux techniques et aux applications de l’observation. Les étudiantes et étudiants y apprennent notamment différentes méthodes de collecte de données, leur interprétation, ainsi que l’importance de prendre en compte la validité, la fidélité et les biais d’observation.
👉 Découvrez également : Biais d’observation : comment éviter de tirer des conclusions trop rapidement?
Déterminer un objectif avant de choisir l’activité
Une fois le besoin mieux compris, l’étape suivante consiste à déterminer ce que l’intervention vise à favoriser.
C’est l’objectif.
Cette étape permet de passer d’une intention générale à une intervention plus structurée. Une activité choisie pour soutenir la communication, par exemple, ne sera pas nécessairement conçue de la même façon qu’une activité visant les habiletés sociales ou la résolution de problèmes.
Le cours Activités d’intervention 1 du programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde précisément la détermination des objectifs en fonction des besoins avant la conception et la réalisation des activités.
L’ordre est important : on ne choisit pas d’abord une activité pour chercher ensuite à quoi elle pourrait servir. Le besoin et l’objectif doivent orienter sa conception.
Adapter l’activité aux capacités de la personne
Deux personnes présentant un besoin similaire peuvent avoir des besoins différents.
L’âge, les capacités, les intérêts, les difficultés rencontrées et le contexte d’intervention peuvent influencer la conception d’une activité.
Une activité trop simple peut ne pas suffire à solliciter la personne. À l’inverse, une activité trop complexe peut rendre la participation difficile ou ne pas correspondre à ses capacités actuelles.
Cette adaptation fait partie intégrante du travail d’intervention.
Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U prépare à intervenir auprès de clientèles très diversifiées : jeunes, adultes et personnes âgées pouvant présenter différentes difficultés d’adaptation, des déficiences ou d’autres réalités nécessitant un accompagnement.
Il n’existe donc pas d’activité universelle qui conviendrait à toutes les personnes.
Préparer les conditions nécessaires à l’activité
Une activité doit également être organisée.
Il faut notamment réfléchir à son déroulement, au matériel nécessaire, à l’environnement dans lequel elle sera menée et aux consignes qui permettront aux participants de comprendre ce qui est attendu.
La préparation peut également nécessiter d’anticiper certaines difficultés.
Comment favoriser la participation? Que faire si une personne éprouve des difficultés ? L’activité peut-elle être ajustée en cours de route? Certaines conditions particulières doivent-elles être réunies?
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, la conception des activités est étroitement liée à leur réalisation et à leur animation.
Concevoir une activité, ce n’est donc pas seulement décider quoi faire, mais aussi réfléchir à la manière de la mettre en œuvre.
Animer ne signifie pas simplement donner des consignes
Une fois l’activité commencée, le rôle de l’éducatrice ou de l’éducateur spécialisé se poursuit.
L’animation consiste notamment à communiquer avec les participants, à observer leurs réactions et à soutenir leur participation.
Cette dimension prend encore davantage d’importance lorsqu’une activité est menée en groupe.
Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U comprend un cours consacré à l’animation des groupes de clientèle et des équipes de travail. Les étudiantes et étudiants y abordent notamment les interactions, la motivation, la participation, les comportements susceptibles de mener à des conflits, ainsi que différentes stratégies de résolution de conflits.
L’animation devient ainsi elle-même une partie de l’intervention.
Observer ce qui se passe pendant l’activité
Une activité préparée avec soin peut se dérouler autrement que prévu.
La personne participe-t-elle? Les consignes semblent-elles comprises? L’activité sollicite-t-elle réellement l’habileté visée? Certaines difficultés apparaissent-elles? Faut-il modifier la manière de présenter une tâche?
Observer pendant l’activité permet de recueillir des informations qui serviront à l’évaluation ultérieure de l’intervention.
L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé doit donc être capable d’animer tout en demeurant attentif à ce qui se passe.
Cette capacité à observer les réactions et à ajuster son intervention est particulièrement importante lorsque les besoins ou les capacités de la personne évoluent.
Pourquoi faut-il évaluer les résultats?
La fin de l’activité ne signifie pas la fin de la démarche.
Il faut ensuite se demander ce qu’elle a permis d’observer et si elle a contribué à l’atteinte de l’objectif initialement fixé.
Les cours Activités d’intervention 1 et Activités d’intervention 2 du programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U accordent justement une place à l’évaluation des résultats et à l’adaptation des activités.
L’évaluation peut permettre de constater qu’une activité répond bien au besoin identifié, mais elle peut également montrer qu’elle doit être modifiée.
Une activité d’intervention n’est donc pas nécessairement un modèle figé que l’on reproduit exactement de la même manière.
Adapter l’activité à partir de ce que l’on apprend
Si les résultats ne correspondent pas à ce qui était recherché, cela ne signifie pas automatiquement que l’intervention a échoué.
Les informations recueillies peuvent, au contraire, aider à mieux comprendre la personne.
L’objectif était-il approprié? L’activité était-elle trop complexe? Les consignes étaient-elles adaptées? Un autre moyen permettrait-il de travailler plus efficacement l’habileté ciblée?
Le processus devient alors cyclique : observer → comprendre le besoin → déterminer un objectif → concevoir l’activité → l’animer → évaluer → ajuster.
Cette logique correspond à une dimension fondamentale de l’éducation spécialisée : l’intervention évolue en fonction des informations recueillies et des réactions de la personne.
👉 Découvrez également : Le plan d’intervention en éducation spécialisée : observer, planifier, ajuster
Une activité peut s’inscrire dans un plan d’intervention plus large
Une activité n’est pas nécessairement une intervention isolée.
Elle peut faire partie d’un ensemble de moyens visant les objectifs définis dans un plan d’intervention.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à recueillir de l’information, à identifier les besoins, à déterminer des objectifs et des moyens d’intervention, puis à évaluer et à réviser le plan.
Les activités peuvent donc constituer l’un des moyens concrets de mettre ce plan en œuvre.
Cette articulation permet également de maintenir la cohérence entre ce qui a été observé, les besoins identifiés, les objectifs poursuivis et les interventions réalisées.
De l’idée à une véritable intervention
Une activité peut sembler simple lorsqu’on la regarde de l’extérieur. Pourtant, sa conception peut reposer sur plusieurs décisions professionnelles.
Il faut comprendre le besoin, déterminer un objectif, tenir compte des capacités de la personne, préparer l’activité, l’animer, observer les réactions, évaluer les résultats et apporter les ajustements nécessaires.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, ces apprentissages permettent aux étudiantes et étudiants de comprendre comment une activité peut devenir un véritable outil d’intervention auprès de différentes clientèles.
La question n’est donc pas simplement « Quelle activité pourrait-on faire? », mais plutôt « Quel besoin cherche-t-on à soutenir, et quelle activité pourrait constituer un moyen adapté pour y parvenir? »
Foire aux questions
1. Qu’est-ce qu’une activité d’intervention en éducation spécialisée?
Une activité d’intervention est un moyen pouvant être utilisé pour travailler un besoin ou un objectif déterminé auprès d’une personne ou d’un groupe. Elle peut notamment viser des habiletés sociales, la communication, l’estime de soi, la responsabilisation ou la résolution de problèmes.
2. Comment choisit-on une activité d’intervention?
Le choix devrait partir des besoins et de l’objectif poursuivi plutôt que de l’activité elle-même. Il faut également tenir compte des capacités de la personne, du contexte et des conditions nécessaires à sa participation.
3. Pourquoi faut-il évaluer une activité après sa réalisation?
L’évaluation permet d’examiner les résultats obtenus par rapport à l’objectif visé. Les informations recueillies peuvent ensuite servir à maintenir, modifier ou adapter l’activité, ainsi qu’à orienter la suite de l’intervention.
Pour aller plus loin
👉 Techniques d’éducation spécialisée : comprendre le domaine et ses perspectives
👉 Le rôle des activités et de l’animation en éducation spécialisée
👉 Vieillissement et perte d’autonomie : quel rôle joue l’éducation spécialisée?
👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI