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Biais d’observation : comment éviter de tirer des conclusions trop rapidement?

7 août 2013 | Québec

Observer une situation ne signifie pas encore l’avoir comprise

Une personne refuse de participer à une activité. Un enfant demeure à l’écart du groupe. Un adolescent répond brusquement à une consigne. Deux personnes réagissent différemment à une même situation.

 

En éducation spécialisée, ces comportements peuvent fournir des informations importantes. Mais ce que l’on observe ne permet pas toujours de savoir immédiatement pourquoi une personne agit ainsi.

 

C’est là qu’un défi important apparaît : distinguer les faits observés de l’interprétation que l’on en fait.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, les étudiantes et étudiants apprennent différentes techniques d’observation, mais aussi à tenir compte de la validité, de la fidélité et des biais susceptibles d’influencer leurs observations.

 

Pourquoi cette distinction est-elle si importante en intervention?

Qu’est-ce qu’un biais d’observation?

Observer une situation peut sembler simple : il suffirait de regarder ce qui se passe et de le noter.

 

En réalité, une observation est réalisée par une personne qui possède ses propres expériences, attentes et perceptions. Celles-ci peuvent, parfois involontairement, influencer la manière dont elle porte attention à certains éléments ou interprète ce qu’elle voit.

 

C’est ce que permet de comprendre la notion de biais d’observation.

 

Par exemple, constater qu’une personne ne participe pas à une activité constitue une observation. Affirmer immédiatement qu’elle ne participe pas, parce qu’elle est désintéressée, constitue déjà une interprétation.

 

Elle est peut-être juste. Mais d’autres explications sont également possibles.

 

L’observation professionnelle requiert donc de recueillir suffisamment d’informations avant de tirer des conclusions.

Pourquoi distinguer un fait d’une interprétation?

Prenons une situation très simple.

 

Écrire qu’un enfant « a quitté son siège trois fois pendant une activité de 20 minutes » décrit un fait observable.

 

Écrire qu’il « est incapable de se concentrer » implique une conclusion sur ce comportement.

 

Cette distinction est importante parce qu’une interprétation prématurée peut orienter la manière dont la situation sera ensuite comprise.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, le cours consacré à l’observation aborde la collecte de données, leur interprétation et la rédaction de rapports, ainsi que les différentes méthodes permettant d’observer une personne, directement ou indirectement.

 

Apprendre à décrire précisément ce qui s’est produit permet de conserver une base d’information plus objective avant de chercher à en comprendre la signification.

 

👉 Découvrez également : L’observation en éducation spécialisée : comprendre avant d’intervenir

Le contexte peut changer la signification d’un comportement

Un comportement ne se produit pas dans le vide.

 

Pour mieux le comprendre, il peut être nécessaire d’examiner ce qui se passe avant, pendant et après la situation.

 

Une personne peut, par exemple, se retirer d’une activité dans certaines circonstances mais participer activement à d’autres. Un comportement peut apparaître avec certaines personnes, dans certains environnements ou lorsqu’une demande particulière est formulée.

 

Le contexte permet alors d’obtenir des informations supplémentaires.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U prépare les étudiantes et étudiants à intervenir auprès de clientèles présentant des réalités variées et à considérer les dimensions biologiques, psychologiques et sociales susceptibles d’influencer l’adaptation d’une personne.

 

Observer le contexte permet donc d’éviter de réduire trop rapidement une situation à une caractéristique de la personne.

Pourquoi une seule observation peut-elle être insuffisante?

Une observation est une photographie d’un moment précis.

 

Or, un comportement inhabituel observé une seule fois ne constitue pas nécessairement une tendance.

 

La fatigue, un changement dans l’environnement, une interaction particulière ou de nombreux autres facteurs peuvent influencer ce qui se produit à un moment donné.

 

C’est notamment pourquoi les notions de validité et de fidélité de l’observation font partie des apprentissages du programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U.

 

Selon la situation, il peut être utile d’observer à différents moments ou dans différents contextes afin de vérifier si certains comportements se répètent.

 

L’objectif n’est pas d’accumuler des observations à l’infini, mais de disposer d’informations suffisamment solides pour appuyer l’analyse.

Choisir une méthode d’observation adaptée à la situation

Toutes les situations ne nécessitent pas la même façon d’observer.

 

Le cours Observation – techniques et applications aborde différentes méthodes d’observation directes et indirectes ainsi que les outils permettant de recueillir des données.

 

Selon ce que l’on cherche à comprendre, l’attention peut notamment porter sur la fréquence d’un comportement, les circonstances de son apparition ou les interactions entre différentes personnes.

 

Le choix de la méthode influence donc les informations à recueillir.

 

Une démarche structurée permet surtout d’éviter de se fier uniquement à une impression générale comme « cela arrive souvent » ou « cette personne réagit toujours ainsi ».

Les mots utilisés peuvent-ils, eux aussi, influencer l’observation?

La manière de consigner une observation est importante.

 

Des expressions comme « agressif », « paresseux », « difficile » ou « provocateur » peuvent sembler résumer rapidement une situation, mais elles contiennent déjà une interprétation.

 

Une description plus précise vise plutôt à indiquer ce que la personne a fait ou dit, dans quel contexte et, lorsque cela est pertinent, à quelle fréquence ou pendant combien de temps.

 

Cette précision facilite également la communication avec les autres personnes participant à l’intervention.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U accorde d’ailleurs une place importante à la communication professionnelle, à la collecte d’informations et à la rédaction liée aux observations et aux interventions.

 

L’enjeu n’est donc pas seulement de bien observer : il faut aussi être capable de transmettre l’information sans transformer une impression en fait.

Observer le comportement verbal et non verbal

Une personne communique autrement que par les mots.

 

Le ton de la voix, les gestes, la posture, les expressions ou certains changements de comportement peuvent également fournir des informations pertinentes.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde les dimensions verbales et non verbales des apprentissages liés à la communication et à l’observation.

 

Mais là encore, prudence et précision demeurent nécessaires.

 

Observer qu’une personne détourne le regard est différent d’affirmer automatiquement qu’elle est mal à l’aise, qu’elle ment ou qu’elle refuse de communiquer. Le comportement observé constitue une information; sa signification doit être examinée dans son contexte.

Pourquoi confronter ses observations à d’autres informations?

L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé ne travaille généralement pas seul.

 

Selon le milieu, différentes personnes peuvent disposer d’informations complémentaires sur une situation : collègues, autres professionnels, la famille ou des membres du réseau de soutien.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U prépare notamment les étudiantes et étudiants à collaborer avec différentes personnes dans le cadre de l’intervention et à communiquer des informations pertinentes.

 

Cette collaboration peut permettre de vérifier si ce qui a été observé correspond à ce qui se produit dans d’autres contextes.

 

Elle peut également révéler des éléments que l’observateur ne pouvait pas connaître au moment de la situation.

 

Cela ne signifie pas que toutes les perceptions seront identiques. Au contraire, la présence de points de vue différents peut rappeler pourquoi il est important de revenir aux faits recueillis.

De l’observation au plan d’intervention

L’observation n’est pas une fin en soi.

 

Les informations recueillies peuvent servir à mieux identifier les besoins d’une personne et à orienter l’intervention.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent notamment à recueillir des informations pertinentes, à déterminer des besoins, à formuler des objectifs et des moyens d’intervention, puis à évaluer et à réviser un plan d’intervention.

Si les observations sur lesquelles repose cette démarche sont trop rapidement interprétées, la compréhension des besoins risque, elle aussi, d’être influencée.

 

Prendre le temps de distinguer ce qui a été observé, ce que l’on en déduit et ce qu’il reste à vérifier contribue donc à une démarche d’intervention plus structurée.

 

👉 Découvrez également : Le plan d’intervention en éducation spécialisée : observer, planifier, ajuster

Développer un regard professionnel sur les situations

Éviter les biais d’observation ne signifie pas qu’une éducatrice ou qu’un éducateur spécialisé doit observer sans jamais interpréter.

 

L’interprétation fait partie du processus visant à comprendre une situation et à déterminer les besoins d’une personne.

 

L’enjeu consiste plutôt à ne pas confondre trop rapidement l’observation et la conclusion.

 

Décrire précisément les comportements, considérer le contexte, choisir une méthode adaptée, recueillir suffisamment d’informations et rester attentif à ses propres perceptions permettent de construire une analyse plus solide.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, ces apprentissages s’inscrivent dans une démarche plus large qui relie observation, analyse des besoins, planification et intervention.

 

En éducation spécialisée, apprendre à observer signifie donc aussi apprendre à se poser une question essentielle : qu’est-ce que je sais réellement à partir de ce que j’ai observé, et qu’est-ce que je suis déjà en train d’interpréter?

Foire aux questions

1. Qu’est-ce qu’un biais d’observation en éducation spécialisée?
Un biais d’observation est une influence susceptible d’affecter la manière dont une situation est observée ou interprétée. Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde notamment les biais, la validité et la fidélité dans le cadre des techniques d’observation.

 

2. Quelle est la différence entre une observation et une interprétation?
Une observation décrit ce qui peut être constaté dans une situation, tandis qu’une interprétation cherche à lui donner une signification. Distinguer les deux permet d’éviter de présenter trop rapidement une conclusion comme s’il s’agissait d’un fait.

 

3. Pourquoi l’observation est-elle importante avant d’intervenir?
Les informations recueillies permettent notamment de mieux comprendre une situation et de contribuer à l’identification des besoins. Elles peuvent ensuite contribuer à définir des objectifs et des moyens d’intervention adaptés.

Pour aller plus loin

👉 Techniques d’éducation spécialisée : comprendre le domaine et ses perspectives

 

👉 Éthique, confidentialité et limites professionnelles en éducation spécialisée

 

👉 Le travail d’équipe en éducation spécialisée : collaborer pour mieux intervenir

 

👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI

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