25 août 2014 | Québec
Aider une personne à reconnaître ses capacités et à prendre une place active
Prendre une décision, essayer une nouvelle tâche, exprimer son opinion, assumer progressivement certaines responsabilités ou reconnaître ce que l’on est capable d’accomplir : ces expériences peuvent contribuer à la façon dont une personne se perçoit et participe à son quotidien.
En éducation spécialisée, l’estime de soi et la responsabilisation peuvent faire partie des dimensions abordées au cours de l’intervention.
L’objectif n’est pas de simplement dire à une personne d’avoir confiance en elle ou de devenir plus autonome. Il faut plutôt créer des situations adaptées à ses capacités et à ses besoins dans lesquelles elle peut participer, développer des habiletés et prendre progressivement une part active à ce qui la concerne.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, les étudiantes et étudiants apprennent notamment à réaliser des activités éducatives favorisant le développement de l’estime de soi, de la responsabilisation et des capacités de résolution de problèmes.
Comment ces dimensions peuvent-elles être concrètement mises en œuvre dans l’intervention?
Qu’entend-on par estime de soi?
L’estime de soi renvoie à la perception qu’une personne se fait d’elle-même et de sa propre valeur.
Elle peut être influencée par de nombreuses expériences et ne se construit pas indépendamment de l’environnement.
Les relations avec les autres, les réussites, les difficultés rencontrées et les possibilités de participation peuvent notamment influencer la façon dont une personne se perçoit.
En éducation spécialisée, soutenir l’estime de soi ne consiste donc pas uniquement à multiplier les encouragements.
L’intervention peut plutôt chercher à offrir à la personne des occasions adaptées de mobiliser ses capacités, de constater ses progrès et de prendre une place active au sein des activités auxquelles elle participe.
Pourquoi faut-il partir des capacités de la personne?
Une intervention centrée uniquement sur les difficultés risque de donner une image incomplète de la personne.
Elle possède aussi des capacités, des acquis et des habiletés sur lesquels il est possible de s’appuyer.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à observer les personnes, à analyser leurs besoins et à concevoir des activités adaptées.
Cette démarche permet notamment de déterminer ce qu’une personne peut accomplir et le soutien dont elle a besoin.
Proposer un défi adapté peut lui permettre de mobiliser ses capacités. À l’inverse, une activité trop difficile ou trop simple risque de ne pas répondre à l’objectif visé.
Il faut donc trouver un équilibre entre soutenir la personne et lui laisser suffisamment de place pour agir.
Qu’est-ce que la responsabilisation en éducation spécialisée?
La responsabilisation peut prendre différentes formes selon l’âge, les capacités et la situation de la personne.
Elle peut notamment consister à participer à une décision, à accomplir une tâche, à faire un choix, à réfléchir aux conséquences d’une action ou à contribuer à la recherche d’une solution.
Il ne s’agit pas de demander à une personne d’assumer seule des responsabilités qui dépassent ses capacités.
L’intervention vise plutôt à favoriser une participation progressive et adaptée.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, la responsabilisation fait partie des dimensions pouvant être développées par les activités éducatives, tout comme les habiletés sociales, la communication, l’estime de soi et la résolution de problèmes.
Ces différentes dimensions peuvent d’ailleurs se renforcer mutuellement.
Pourquoi faire à la place de la personne n’est-il pas toujours la meilleure aide?
Lorsqu’une personne éprouve une difficulté, intervenir rapidement à sa place peut sembler la façon la plus simple de l’aider.
Mais si elle possède les capacités nécessaires pour participer à la tâche, faire systématiquement à sa place peut réduire ses occasions de les mettre en pratique.
L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé doit donc réfléchir au niveau de soutien approprié.
La personne peut-elle réaliser une partie de la tâche seule? A-t-elle besoin d’une consigne, d’un accompagnement ou d’une adaptation? Peut-on lui laisser davantage de temps?
Ces questions permettent de soutenir la participation sans demander une autonomie qui ne correspondrait pas à ses capacités.
Cette logique est particulièrement importante lorsque l’intervention vise la responsabilisation : le soutien doit faciliter l’action de la personne plutôt que de la remplacer automatiquement.
Comment les activités d’intervention peuvent-elles soutenir l’estime de soi?
Une activité d’intervention peut offrir un contexte structuré permettant à une personne de mettre en pratique certaines habiletés.
Mais pour être pertinente, elle doit partir d’un besoin et d’un objectif.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à déterminer les besoins, à établir des objectifs, à concevoir et à animer des activités, puis à en évaluer les résultats.
Une activité visant l’estime de soi ne devrait donc pas être choisie simplement parce qu’elle semble valorisante.
Il faut se demander ce que l’on cherche précisément à soutenir et comment l’activité permettra à la personne de participer de manière adaptée à ses capacités.
👉 Découvrez également : Comment concevoir une activité d’intervention en éducation spécialisée?
Quel rôle joue la résolution de problèmes?
La responsabilisation implique parfois de permettre à la personne de participer à la recherche d’une solution plutôt que de lui fournir immédiatement une réponse.
Lorsqu’une difficulté apparaît, l’éducatrice ou l’éducateur spécialisé peut, selon la situation et les capacités de la personne, l’accompagner dans une réflexion : que se passe-t-il? Quelles possibilités existent? Que pourrait-on essayer?
La résolution de problèmes fait justement partie des capacités que le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U prépare les étudiantes et étudiants à soutenir auprès des clientèles.
Cette démarche peut contribuer à conférer à la personne un rôle plus actif.
Elle ne signifie pas qu’elle doit résoudre seule toutes les difficultés, mais qu’elle peut participer à la recherche de solutions lorsque cela est approprié.
Pourquoi les interactions avec les autres comptent-elles?
L’estime de soi et la responsabilisation se développent également dans un environnement social.
Les interactions avec les autres peuvent offrir des occasions de communiquer, de collaborer, de prendre sa place et de participer à des décisions.
C’est pourquoi les habiletés sociales occupent, elles aussi, une place importante dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U.
Dans une activité de groupe, par exemple, une personne peut être amenée à exprimer une idée, à assumer une responsabilité ou à contribuer à une tâche commune.
L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé doit alors observer comment elle participe et ajuster l’accompagnement lorsque certaines situations deviennent trop difficiles ou ne lui permettent pas réellement de prendre sa place.
👉 Découvrez également : Dynamique de groupe : comment favoriser la participation et la motivation?
Pourquoi faut-il éviter de comparer les personnes entre elles?
Une réussite n’a pas la même signification pour tout le monde.
Une tâche relativement simple pour une personne peut constituer une étape importante pour une autre.
Comparer constamment les résultats entre les personnes risque donc de faire perdre de vue leurs capacités et leurs objectifs individuels.
En éducation spécialisée, l’intervention repose davantage sur les besoins observés chez chaque personne.
Les progrès gagnent ainsi à être examinés en fonction des objectifs qui leur ont été fixés, et non selon une norme imposée à l’ensemble du groupe.
Cette approche permet de reconnaître les changements réellement significatifs dans son parcours.
Quel rôle joue la relation d’aide?
Soutenir l’estime de soi et la responsabilisation demande aussi de savoir écouter la personne.
Quels sont ses besoins? Quelles sont ses attentes? Comment perçoit-elle la situation? Que souhaite-t-elle exprimer?
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, le cours Relation d’aide permet aux étudiantes et étudiants de développer des attitudes et des comportements favorisant la relation ainsi que des techniques d’entrevue.
La qualité de cette relation peut contribuer à donner à la personne une place réelle au sein de l’intervention.
Il ne s’agit pas seulement de décider ce qui serait bon pour elle, mais de tenir compte, lorsque la situation le permet, de ce qu’elle exprime et de la manière dont elle participe à la démarche.
Pourquoi faut-il évaluer les progrès?
Une intervention visant l’estime de soi ou la responsabilisation doit-elle également être évaluée?
La personne participe-t-elle davantage? Assume-t-elle des responsabilités adaptées à ses capacités? Mobilise-t-elle de nouvelles stratégies? Le moyen choisi semble-t-il répondre au besoin identifié?
L’évaluation permet de revenir sur les objectifs et d’examiner les changements observés.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à évaluer les résultats des activités d’intervention et à ajuster leurs moyens en fonction des informations recueillies.
Les progrès peuvent être graduels. L’important est donc de disposer de repères pour déterminer si l’intervention demeure pertinente ou doit évoluer.
Soutenir sans prendre toute la place
L’estime de soi et la responsabilisation ne se développent pas simplement parce qu’on demande à une personne d’avoir confiance en elle ou d’être plus responsable.
Elles peuvent être soutenues par des expériences où la personne met en pratique ses capacités, participe, fait des choix, relève des défis adaptés et contribue à la recherche de solutions.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, ces dimensions s’intègrent aux apprentissages en observation, en relation d’aide, en activités d’intervention et au développement des habiletés.
Le rôle de l’éducatrice ou de l’éducateur spécialisé consiste alors à trouver le soutien approprié : être suffisamment présent pour accompagner la personne, sans prendre à sa place l’espace dont elle a besoin pour participer et développer ses propres capacités.
Foire aux questions
1. Comment l’éducation spécialisée peut-elle soutenir l’estime de soi?
L’intervention peut notamment offrir à la personne des occasions adaptées de mobiliser ses capacités, de développer des habiletés et de participer activement à des activités. Les objectifs et les moyens doivent toutefois être déterminés en fonction de ses besoins particuliers.
2. Que signifie la responsabilisation en éducation spécialisée?
La responsabilisation peut notamment amener une personne à participer à des décisions, à accomplir certaines tâches, à faire des choix ou à contribuer à la résolution de problèmes. Le niveau de responsabilité doit être adapté à ses capacités et à sa situation.
3. Pourquoi ne faut-il pas toujours faire les choses à la place d’une personne?
Lorsque la personne possède certaines capacités, lui confier un rôle actif peut lui permettre de les mobiliser et de les développer. L’accompagnement consiste à offrir le soutien nécessaire sans remplacer automatiquement sa participation.
Pour aller plus loin
👉 Techniques d’éducation spécialisée : comprendre le domaine et ses perspectives
👉 Comment favoriser les habiletés sociales en éducation spécialisée?
👉 Avez-vous le profil pour travailler en éducation spécialisée?
👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI