30 juillet 2014 | Québec
Créer des conditions qui permettent à chacun de trouver sa place
Dans un groupe, certaines personnes prennent facilement la parole. D’autres observent davantage avant de participer. Certaines s’engagent rapidement dans une activité, tandis que d’autres semblent hésiter, se retirer ou perdre de l’intérêt.
Ces différences font partie de la dynamique de groupe.
En éducation spécialisée, animer un groupe ne consiste donc pas à simplement réunir plusieurs personnes autour d’une activité. Il faut aussi observer les interactions, comprendre ce qui influence la participation et adapter son animation aux besoins des personnes présentes.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, le cours Animation des groupes de clientèles et équipes de travail aborde notamment les interactions au sein d’un groupe, la motivation, la participation, les comportements susceptibles de mener à des conflits, ainsi que différentes stratégies de résolution de conflits.
Comment l’éducatrice ou l’éducateur spécialisé peut-il alors favoriser une dynamique qui encourage la participation?
Qu’est-ce que la dynamique de groupe?
Un groupe n’est pas simplement une addition de personnes.
Dès que plusieurs participants interagissent, une dynamique se crée. Certaines personnes parlent davantage, d’autres prennent moins de place. Des affinités peuvent apparaître. La participation peut évoluer. Des tensions peuvent également se manifester.
La dynamique de groupe correspond donc à l’ensemble des interactions entre les personnes qui influencent le fonctionnement du groupe.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à tenir compte de ces interactions lorsqu’ils animent des groupes de clientèle.
Cette compréhension est importante, car ce qui se passe entre les participants peut influencer le déroulement d’une activité autant que l’activité elle-même.
Pourquoi faut-il observer avant d’ajuster l’animation?
Une personne qui participe peu n’est pas nécessairement démotivée.
Elle peut avoir besoin de davantage de temps, rencontrer des difficultés dans l’activité ou être influencée par ce qui se passe dans le groupe.
Avant de tirer une conclusion, il faut donc observer.
Qui participe? À quels moments? Certaines personnes prennent-elles beaucoup de place? La participation change-t-elle selon l’activité ou la composition du groupe? Des interactions semblent-elles faciliter ou freiner l’engagement?
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les apprentissages en observation permettent notamment de recueillir et d’interpréter des informations tout en tenant compte des biais susceptibles d’influencer l’analyse.
L’objectif est de comprendre la dynamique avant de décider comment intervenir.
Participation et motivation : est-ce la même chose?
Participation et motivation sont liées, mais ne sont pas nécessairement synonymes.
La participation correspond à ce que l’on observe dans l’activité : une personne prend la parole, réalise une tâche, interagit avec les autres ou s’engage de toute autre manière.
La motivation est moins directement observable.
Il faut donc être prudent avant de conclure qu’une personne qui participe peu « manque de motivation ».
Le cours Animation des groupes de clientèles et équipes de travail du programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde à la fois la motivation et la participation, ce qui permet justement de réfléchir aux conditions susceptibles de les influencer.
L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé doit alors se demander non seulement si la personne participe, mais aussi ce qui peut en faciliter ou en compliquer la participation.
Comment une activité peut-elle favoriser la participation?
La conception de l’activité joue un rôle important.
Une activité qui ne correspond pas aux capacités des participants ou dont l’objectif est mal défini peut rendre leur engagement plus difficile.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à analyser les besoins, à déterminer des objectifs, à concevoir des activités, à les animer et à en évaluer les résultats.
Cette démarche s’applique également aux activités de groupe.
Il faut notamment réfléchir aux besoins des participants, à l’objectif visé et aux conditions permettant à chacun de prendre part à l’activité.
👉 Découvrez également : Comment concevoir une activité d’intervention en éducation spécialisée?
Faut-il chercher la même participation de la part de tout le monde?
Non. Participer ne signifie pas nécessairement agir exactement comme les autres membres du groupe.
Les capacités, les besoins et les façons d’interagir peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre.
Une personne peut participer verbalement, tandis qu’une autre s’engage davantage dans la réalisation concrète d’une tâche. Certaines peuvent avoir besoin d’un accompagnement accru ou de plus de temps avant de prendre une place active.
En éducation spécialisée, l’objectif n’est donc pas d’obtenir un groupe où tout le monde se comporte de manière identique.
Il s’agit plutôt d’adapter l’animation afin de créer des possibilités de participation cohérentes avec les besoins, les capacités et les objectifs poursuivis auprès des personnes présentes.
Quel rôle joue la communication dans l’animation?
Une animation repose en grande partie sur la communication.
Les consignes doivent être comprises, les participants doivent savoir ce qui est attendu, et l’intervenant doit être attentif aux réactions du groupe.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants abordent la communication verbale et non verbale, les obstacles à la communication ainsi que différentes techniques adaptées aux clientèles et aux équipes de travail.
Ces compétences peuvent aider l’éducatrice ou l’éducateur spécialisé à ajuster sa manière de présenter une activité ou d’interagir avec les participants.
Il faut également observer la communication entre les membres du groupe, car elle contribue directement à sa dynamique.
Comment favoriser la motivation sans chercher à la forcer?
On ne peut pas simplement demander à une personne d’être motivée.
L’animation peut toutefois chercher à créer des conditions propices à son engagement.
Comprendre les besoins, proposer une activité adaptée, donner des consignes claires et permettre une participation correspondant aux capacités de la personne peuvent notamment contribuer à cette démarche.
L’observation demeure essentielle.
Si une personne se désengage, il faut chercher à comprendre ce qui se passe plutôt que d’attribuer automatiquement son comportement à un manque d’intérêt.
L’activité est-elle adaptée? La personne comprend-elle ce qui est attendu? La dynamique avec les autres participants influence-t-elle sa participation?
Ces questions permettent d’ajuster l’animation en fonction de ce qui est réellement observé.
Que faire lorsque des tensions apparaissent au sein du groupe?
La dynamique de groupe peut également faire apparaître des désaccords ou des conflits.
Certaines interactions peuvent nuire à la participation ou perturber le fonctionnement de l’ensemble du groupe.
Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde précisément les comportements susceptibles de mener à des conflits, ainsi que différentes stratégies de résolution de conflits, dans le cours consacré à l’animation.
L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé doit alors chercher à comprendre ce qui alimente la situation et déterminer une intervention adaptée.
Dans certains cas, le conflit peut également devenir une occasion de travailler la communication, les habiletés sociales ou la résolution de problèmes.
👉 Découvrez également : Résolution de conflits en éducation spécialisée : comment intervenir?
Pourquoi les habiletés sociales comptent-elles dans un groupe?
Participer à un groupe mobilise plusieurs habiletés.
Communiquer, écouter, collaborer, prendre sa place et composer avec les réactions des autres font partie des interactions qui peuvent survenir au cours d’une activité.
Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U prépare notamment les étudiantes et étudiants à réaliser des activités éducatives favorisant le développement des habiletés sociales et de communication ainsi que des capacités de résolution de problèmes.
Le groupe peut ainsi devenir un cadre où certaines habiletés sont à la fois observées et mises en pratique.
L’animation permet alors d’accompagner les participants dans leurs interactions tout en demeurant attentive aux objectifs de l’intervention.
Pourquoi faut-il évaluer la dynamique après une activité?
Une activité terminée peut fournir beaucoup d’informations.
Qui a participé? Certaines personnes ont-elles eu de la difficulté à trouver leur place? L’animation a-t-elle permis de travailler l’objectif prévu? Des tensions ou des obstacles sont-ils apparus?
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, l’évaluation fait partie des apprentissages liés aux activités d’intervention.
Les observations recueillies peuvent donc servir à préparer la suite.
Il peut être nécessaire d’adapter le déroulement, les consignes, la composition d’une activité ou certains moyens d’animation.
La dynamique de groupe n’est pas fixe. Elle peut évoluer, et l’intervention doit pouvoir évoluer avec elle.
Animer un groupe, c’est aussi savoir s’adapter
Une activité bien préparée ne garantit pas que toutes les interactions se dérouleront exactement comme prévu.
Les participants influencent constamment la dynamique du groupe.
C’est pourquoi l’animation demande à la fois de préparer, de communiquer, d’observer et d’ajuster.
Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, les apprentissages portant sur l’animation des groupes s’intègrent aux compétences développées en observation, en communication, en activités d’intervention et en résolution de conflits.
Favoriser la participation et la motivation ne consiste donc pas à rechercher une réaction identique chez tous les participants. Il s’agit de comprendre ce qui se passe au sein du groupe et de créer des conditions permettant à chacun de participer en fonction de ses capacités, de ses besoins et des objectifs de l’intervention.
Foire aux questions
1. Qu’est-ce que la dynamique de groupe en éducation spécialisée?
La dynamique de groupe correspond aux interactions qui se développent entre les participants et peuvent influencer le fonctionnement du groupe, la participation et le déroulement des activités. Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde ces interactions dans les apprentissages consacrés à l’animation.
2. Une personne qui participe peu manque-t-elle nécessairement de motivation?
Non. Une faible participation peut avoir diverses explications. L’activité, les capacités de la personne, les consignes ou les interactions avec les autres peuvent notamment influencer son engagement. Il faut donc observer la situation avant de tirer une conclusion.
3. Pourquoi faut-il évaluer une activité de groupe après sa réalisation?
L’évaluation permet d’examiner la participation, les interactions et les résultats obtenus par rapport à l’objectif. Ces informations peuvent ensuite servir à ajuster l’activité ou les moyens d’animation lors d’une prochaine intervention.
Pour aller plus loin
👉 Techniques d’éducation spécialisée : comprendre le domaine et ses perspectives
👉 Le rôle des activités et de l’animation en éducation spécialisée
👉 Comment favoriser les habiletés sociales en éducation spécialisée?
👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI