20 février 2014 | Québec
Une autre façon d’envisager son parcours professionnel
Lorsqu’on pense à sa carrière, on imagine souvent un poste au sein d’une entreprise ou d’une organisation. Pourtant, ce n’est pas la seule possibilité. Certaines personnes préfèrent travailler à leur compte, offrir leurs services directement à des clients et mettre en valeur leurs compétences. Elle implique toutefois des responsabilités qui dépassent généralement l’exercice du métier lui-même.
Avant de se lancer, il est donc important de se poser une question fondamentale : le travail autonome correspond-il réellement à vos objectifs, à votre situation et à votre façon de travailler?
Que signifie travailler à son compte?
Au Québec, une personne qui exploite seule une entreprise individuelle est couramment appelée travailleur autonome ou travailleur indépendant. Contrairement à une société par actions, l’entreprise individuelle n’a pas d’existence juridique distincte de celle de son propriétaire.
Dans la pratique, travailler à son compte peut prendre différentes formes. Une personne peut offrir des services à plusieurs clients, réaliser des mandats à la pige ou développer progressivement une activité commerciale.
Cette réalité est donc différente de celle d’un salarié qui travaille pour un employeur en échange d’un salaire. L’Agence du revenu du Canada distingue d’ailleurs le revenu d’entreprise du revenu d’emploi.
Pourquoi certaines personnes choisissent-elles le travail autonome?
Les motivations peuvent être nombreuses.
Certaines personnes recherchent davantage d’autonomie dans l’organisation de leur travail. D’autres souhaitent exploiter une compétence particulière, développer un projet qui leur appartient ou offrir directement leurs services à une clientèle.
Mais l’autonomie ne signifie pas l’absence de contraintes.
Lorsqu’on travaille à son compte, il faut souvent chercher des clients, fixer ses tarifs, gérer ses échéances, assurer le suivi, facturer ses services et s’occuper de diverses tâches administratives. Le métier que l’on exerce ne représente donc qu’une partie du travail.
👉 Découvrez également : Comment développer son réseau professionnel quand on débute sa carrière?
Avez-vous quelque chose de précis à offrir?
Avoir envie de travailler à son compte constitue un point de départ. Encore faut-il déterminer ce que l’on pourrait réellement proposer.
Posez-vous quelques questions :
- quelles compétences puis-je offrir;
- quel problème puis-je aider à résoudre;
- à qui mes services pourraient-ils être utiles;
- pourquoi un client choisirait-il de faire appel à moi;
- existe-t-il une demande pour ce que je souhaite proposer?
Cette réflexion permet de passer d’une idée générale — « j’aimerais travailler pour moi-même » — à une offre beaucoup plus concrète.
Une compétence professionnelle devient véritablement une activité potentielle lorsqu’elle répond à un besoin pour lequel des clients sont disposés à payer.
Faut-il commencer par rédiger un plan d’affaires?
Pas nécessairement par un document de plusieurs dizaines de pages.
Avant d’investir beaucoup de temps ou d’argent, il peut être judicieux de vérifier certaines hypothèses : comprendre sa clientèle potentielle, examiner les solutions existantes, discuter avec des personnes du secteur et déterminer si l’offre envisagée répond véritablement à un besoin.
Il faut également réfléchir aux aspects financiers. Quels seront les coûts nécessaires pour commencer? Quel prix faudra-t-il demander? Combien de clients ou de mandats seront nécessaires? Les revenus risquent-ils de varier considérablement d’un mois à l’autre?
Une bonne idée professionnelle doit aussi pouvoir se transformer en activité viable.
👉 Découvrez également : Comment analyser ses compétences transférables?
Êtes-vous prêt à gérer plus que votre métier?
C’est une question souvent sous-estimée.
Un graphiste autonome ne se limite pas au design. Une personne qui offre des services administratifs à son compte ne se limite pas aux mandats de ses clients. Un professionnel en technologie ne consacre pas nécessairement tout son temps à ses tâches techniques.
Il peut également falloir :
- répondre aux demandes de clients;
- préparer des propositions;
- organiser son horaire;
- assurer les suivis;
- produire des factures;
- suivre les revenus et les dépenses;
- promouvoir ses services;
- gérer ses documents et ses dossiers.
Les compétences en organisation, communication, bureautique, gestion et utilisation des outils numériques peuvent ainsi devenir importantes, même lorsqu’elles ne constituent pas le cœur du service offert.
Comment trouver ses premiers clients?
Pour travailler à son compte, savoir accomplir le travail ne suffit pas : il faut aussi que des personnes sachent que vous pouvez le faire.
Le réseau professionnel peut jouer un rôle important. Anciens collègues, camarades de classe, personnes rencontrées lors d’une formation, événements professionnels et contacts développés au fil du temps peuvent contribuer à faire connaître vos services.
Une présence professionnelle en ligne peut également vous permettre de présenter clairement votre expertise, vos réalisations et les types de mandats que vous recherchez.
Il ne s’agit pas simplement d’accumuler des contacts, mais de développer des relations professionnelles et de rendre son offre compréhensible pour les personnes susceptibles d’en avoir besoin.
👉 Découvrez également : Marché caché de l’emploi : comment trouver des possibilités qui ne sont pas affichées?
Peut-on commencer progressivement?
Le passage au travail autonome n’a pas nécessairement lieu du jour au lendemain.
Selon la situation d’une personne et les obligations qui s’appliquent, certains peuvent commencer par explorer leur marché, développer leur portfolio, préciser leur offre ou réaliser quelques mandats avant d’envisager une activité plus importante.
Cette progression peut permettre de mieux comprendre la réalité du travail autonome : trouver des clients, estimer correctement le temps nécessaire à un mandat, établir ses tarifs et gérer plusieurs responsabilités simultanément.
Elle permet surtout de vérifier une chose essentielle : aimez-vous réellement gérer une activité professionnelle en plus d’exercer votre métier?
Quelles démarches faut-il prévoir au Québec?
Travailler à son compte implique également certaines obligations administratives et fiscales, qui varient selon la situation et la forme juridique choisie.
Le gouvernement du Québec distingue notamment l’entreprise individuelle, la société de personnes et la société par actions. Il propose également le service « Démarrer une entreprise », qui permet d'effectuer plusieurs démarches liées au démarrage et d'identifier d'autres obligations applicables en fonction de l'activité exercée.
Les revenus tirés d’une activité autonome doivent également être déclarés à des fins fiscales.
Les règles pouvant varier selon la situation, le secteur et la structure de l’entreprise, mieux vaut consulter les ressources officielles de Québec.ca, de Revenu Québec et de l’Agence du revenu du Canada plutôt que de présumer des démarches nécessaires.
Le travail autonome convient-il à tout le monde?
Non, et il n’a pas besoin de convenir à tout le monde.
Certaines personnes apprécient la stabilité et la structure d’un emploi salarié. D’autres préfèrent gérer elles-mêmes leur activité, leurs clients et leurs priorités. Les deux avenues peuvent mener à des parcours professionnels intéressants.
Avant de choisir, il peut être utile d’évaluer votre tolérance à l’incertitude, votre capacité d’organisation, votre situation financière, votre aptitude à développer une clientèle et votre intérêt pour les tâches de gestion qui accompagnent le travail autonome.
Il ne s’agit donc pas simplement de se demander « Est-ce que j’aimerais être mon propre patron? », mais plutôt « Est-ce que j’aimerais gérer tout ce qui va avec le fait de travailler à mon compte? »
Développer des compétences qui peuvent servir dans plusieurs contextes
Une formation professionnelle ou technique ne conduit pas nécessairement à une seule façon d’exercer un métier.
Les compétences acquises peuvent être utilisées dans divers environnements de travail et évoluer avec l’expérience. Certaines personnes travailleront pour une organisation, tandis que d’autres pourront envisager le travail autonome lorsque leur domaine, leurs compétences et leur situation s’y prêtent.
Dans tous les cas, comprendre ses forces, développer ses compétences et apprendre à les présenter clairement demeurent essentiels pour construire un parcours professionnel qui correspond à ses objectifs.
Foire aux questions
1. Quelle est la différence entre un travailleur autonome et un salarié?
Un salarié travaille pour un employeur dans le cadre d’une relation d’emploi. Une personne qui travaille à son compte exploite plutôt une activité pour générer des revenus et assume différentes responsabilités liées à celle-ci. La qualification exacte d’une situation dépend toutefois des faits et des règles applicables.
2. Quelles compétences sont utiles pour travailler à son compte?
En plus des compétences nécessaires pour offrir son produit ou son service, le travail autonome peut demander de l’organisation, de la communication, de la gestion du temps, des notions administratives et la capacité à développer et à entretenir des relations avec les clients.
3. Faut-il créer une société par actions pour travailler à son compte?
Non. Il existe différentes formes juridiques d’entreprise au Québec, dont l’entreprise individuelle et la société par actions. Le choix dépend de la situation et peut avoir des conséquences juridiques, administratives et fiscales. Il est donc important de consulter les informations officielles avant de choisir.
Pour aller plus loin
👉 Stage et intégration au marché du travail : ce qu’il faut savoir
👉 Le bénévolat peut-il aider à développer ses compétences professionnelles?
👉 Retour aux études : ce que ça change vraiment
👉 Comment faire le bilan de ses compétences professionnelles?