13 mars 2014 | Québec
Un marché du travail qui évolue avec le vieillissement de la population
Le vieillissement de la population québécoise transforme progressivement le marché du travail. Les nombreuses générations du baby-boom vieillissent, tandis que les départs à la retraite continuent de renouveler une partie de la main-d’œuvre.
Le phénomène est bien réel, mais son effet est plus complexe qu’un simple remplacement d’un travailleur retraité par un autre. Les besoins varient selon les professions, les secteurs et les régions. Les employeurs peuvent également réorganiser certaines fonctions, adopter de nouvelles technologies ou rechercher des compétences différentes de celles dont ils avaient besoin auparavant.
Pour les personnes qui envisagent une formation ou une nouvelle carrière, comprendre ces transformations permet de mieux interpréter les perspectives du marché du travail québécois.
Le vieillissement de la population transforme la main-d’œuvre
Le Québec compte aujourd’hui une proportion beaucoup plus élevée de personnes âgées qu’il y a quelques décennies. Cette évolution démographique s’est notamment accélérée à partir du moment où les premières générations du baby-boom ont atteint 65 ans.
Cela ne signifie toutefois pas que les travailleurs plus âgés quittent tous le marché du travail dès leur 65e anniversaire.
Au contraire, la participation des personnes plus âgées au marché du travail a progressé. Entre 2015 et 2025, le taux d’emploi des Québécois de 55 à 64 ans est passé à environ 64 %, soit une hausse de 7 points de pourcentage. Chez les 65 à 69 ans, il est passé de 17 % à environ 26 % au cours de la même période.
Les départs à la retraite se produisent donc progressivement, tandis qu’une partie des travailleurs choisit de demeurer active plus longtemps.
Les départs à la retraite créent des besoins de remplacement
Lorsqu’une personne quitte son emploi pour prendre sa retraite, l’employeur peut avoir besoin de remplacer les compétences et les responsabilités qu’elle exerçait.
À l’échelle canadienne, le nombre de retraites a d’ailleurs augmenté de manière importante au cours des dernières années. Selon Statistique Canada, la moyenne sur 12 mois est passée de 183 900 retraites en août 2012 à 276 800 en août 2025.
Ces départs peuvent donc contribuer à l’offre d’emploi, particulièrement lorsqu’ils concernent des professions pour lesquelles les employeurs ont toujours besoin de main-d’œuvre.
Mais il faut apporter une nuance importante : un départ à la retraite ne correspond pas automatiquement à un nouveau poste offert à une personne qui commence sa carrière.
Un poste libéré n’est pas nécessairement remplacé à l’identique
Le marché du travail évolue au même rythme que la population.
Lorsqu’un employé expérimenté quitte une organisation, son poste peut être pourvu tel quel. Mais l’employeur peut également répartir ses responsabilités entre plusieurs personnes, modifier le poste, automatiser certaines tâches ou profiter du départ pour revoir son organisation.
Les compétences recherchées peuvent elles aussi évoluer.
Une personne qui entre aujourd’hui dans une profession ne travaillera donc pas nécessairement de la même manière qu’une personne qui occupe un poste comparable depuis plusieurs décennies.
Les départs à la retraite créent du mouvement sur le marché du travail, mais les transformations technologiques et organisationnelles déterminent également la nature des emplois qui deviennent disponibles.
Les besoins ne sont pas les mêmes dans toutes les professions
Il serait également trompeur de parler d’une pénurie généralisée de main-d’œuvre au Québec.
Le gouvernement du Québec analyse les perspectives de 516 professions afin de déterminer si elles présentent un déficit, un équilibre ou un surplus de main-d’œuvre disponible.
Pour 2029, les prévisions indiquent que 36 professions devraient se trouver en déficit de main-d’œuvre et 170 en léger déficit, tandis que 217 devraient se trouver en équilibre et 10 en léger surplus.
Cela montre pourquoi il est préférable d’examiner les perspectives d’une profession précise plutôt que de partir du principe que les départs à la retraite produiront les mêmes effets partout.
La région, les qualifications requises, l’évolution du secteur et le nombre de personnes disponibles pour exercer la profession peuvent tous influencer les perspectives d’emploi.
Le marché du travail québécois continue lui aussi d’évoluer
Les départs à la retraite ne constituent qu’un facteur parmi d’autres.
En 2025, le Québec comptait environ 4,6 millions d’emplois, soit une hausse de 79 000 par rapport à 2024. Parallèlement, le nombre de postes vacants a diminué pour une troisième année consécutive, s’établissant en moyenne à 118 000 au cours des neuf premiers mois de 2025.
Ces deux tendances peuvent sembler contradictoires, mais elles illustrent justement la complexité du marché du travail. Une population vieillissante et des départs à la retraite plus nombreux ne signifient pas que le nombre de postes vacants augmentera continuellement.
Les conditions économiques, l’immigration, l’évolution de la population active, les investissements et les changements au sein des entreprises interviennent également.
Des travailleurs plus âgés demeurent actifs plus longtemps
Le vieillissement de la population ne doit pas non plus être confondu avec une disparition rapide des travailleurs expérimentés.
En 2025, la population active québécoise comptait environ 185 000 personnes de 55 ans et plus, soit plus qu’en 2015, ce qui représente une progression de 22 % pour ce groupe d’âge sur dix ans.
Cette évolution s’accompagne d’un report de la retraite chez certaines personnes. L’Institut de la statistique du Québec associe notamment cette tendance aux besoins en main-d’œuvre, aux possibilités d’aménagement des horaires, à l’amélioration de la santé, à l’augmentation du niveau de scolarité et à certains besoins financiers.
Le renouvellement de la main-d’œuvre se produit donc sur plusieurs années plutôt que sous la forme d’un départ massif et simultané.
Pourquoi la formation demeure-t-elle importante?
Les départs à la retraite peuvent ouvrir des possibilités, mais ne remplacent pas les exigences de qualification d’une profession.
Pour une personne réfléchissant à son avenir professionnel, il est donc plus utile de s’intéresser aux compétences recherchées et aux perspectives propres au métier envisagé que de choisir un domaine uniquement parce qu’on y prévoit des départs à la retraite.
Les diagnostics du gouvernement du Québec sur les différentes professions peuvent notamment aider à comprendre l’état du marché du travail à court et à moyen terme.
Une formation permet, quant à elle, d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à l’exercice d’une profession. Elle peut aussi préparer les futurs travailleurs à entrer dans des milieux en constante évolution.
Un renouvellement progressif du marché du travail
Les départs à la retraite continueront de jouer un rôle dans le renouvellement de la main-d’œuvre québécoise, mais ils ne détermineront pas à eux seuls les possibilités professionnelles des prochaines années.
Le vieillissement de la population, la participation accrue des travailleurs plus âgés, les changements technologiques, l’immigration et l’évolution des besoins des entreprises agissent simultanément.
Pour les personnes qui préparent leur entrée sur le marché du travail ou envisagent une réorientation professionnelle, la meilleure approche consiste donc à examiner les perspectives de la profession qui les intéresse ainsi que les compétences nécessaires à son exercice, plutôt que de se fier à des tendances générales.
Foire aux questions
1. Les départs à la retraite créent-ils automatiquement de nouveaux emplois?
Non. Un employeur peut remplacer la personne qui quitte son poste, mais il peut aussi redistribuer ses responsabilités, modifier le poste ou réorganiser certaines activités. Les départs à la retraite constituent donc un facteur qui influence les besoins en main-d’œuvre, sans pour autant entraîner automatiquement un nombre équivalent de nouvelles embauches.
2. Tous les secteurs seront-ils touchés de la même façon par les départs à la retraite?
Non. Les besoins varient considérablement selon les professions, les secteurs et les régions. Les prévisions du gouvernement du Québec montrent d’ailleurs que certaines professions devraient connaître un déficit de main-d’œuvre tandis que d’autres devraient demeurer en équilibre.
3. Les Québécois prennent-ils tous leur retraite à 65 ans?
Non. Une proportion croissante de personnes demeure active après 65 ans. Au Québec, le taux d’emploi des 65 à 69 ans est passé de 17 % en 2015 à environ 26 % en 2025.
Pour aller plus loin
👉 Stage et intégration au marché du travail : ce qu’il faut savoir
👉 PME ou grande entreprise : quel environnement de travail vous convient le mieux?
👉 Travailler à son compte : est-ce une option pour vous?