28 juin 2013 | Québec
Un marché du travail qui a beaucoup changé
Pendant plusieurs années, la pénurie de main-d’œuvre a occupé une place importante dans l’actualité québécoise. Le vieillissement de la population, les départs à la retraite, les difficultés de recrutement et le nombre élevé de postes vacants ont alimenté les discussions sur la capacité des employeurs à recruter suffisamment de travailleurs.
La situation a toutefois évolué.
Au premier trimestre de 2026, le Québec comptait environ 109 100 postes vacants, en baisse de 5,6 % par rapport au premier trimestre de 2025. Ce nombre est nettement inférieur à celui du premier trimestre 2022, où plus de 224 000 postes étaient vacants.
Peut-on alors encore parler de pénurie de main-d’œuvre au Québec?
La réponse demande certaines nuances. Le Québec ne manque pas nécessairement de travailleurs de la même façon dans tous les secteurs, toutes les professions et toutes les régions. Certaines professions connaissent encore d’importantes difficultés de recrutement, tandis que d’autres sont davantage en équilibre.
1. Qu’entend-on par pénurie de main-d’œuvre?
Les expressions « pénurie de main-d’œuvre » et « rareté de main-d’œuvre » sont fréquemment utilisées pour décrire les difficultés rencontrées par les employeurs lorsqu’ils cherchent à pourvoir leurs postes.
Mais un nombre élevé de postes vacants ne signifie pas automatiquement qu’il existe une pénurie généralisée.
Le gouvernement du Québec utilise notamment des diagnostics permettant de déterminer si une profession est ou sera en déficit, en équilibre ou en surplus de main-d’œuvre disponible. Ces diagnostics sont réalisés pour 516 professions, tant pour l’ensemble du Québec que pour ses différentes régions.
Cette distinction est importante pour une personne réfléchissant à son avenir professionnel. Les conditions du marché du travail peuvent varier considérablement d’un métier à l’autre.
2. Le Québec manque-t-il réellement de travailleurs?
Les données actuelles montrent un marché du travail beaucoup moins tendu qu’il ne l’était au sortir de la pandémie.
En 2025, le nombre de postes vacants a diminué pour une troisième année consécutive. En moyenne, au cours des neuf premiers mois de l’année, le Québec en comptait environ 118 000, soit quelque 19 000 de moins qu’en 2024.
Cette tendance s’est poursuivie au début de 2026.
Au premier trimestre, le taux de postes vacants s’établissait à 2,8 %, contre 2,9 % un an auparavant.
Cela ne signifie toutefois pas que les difficultés de recrutement ont disparu. Elles sont davantage concentrées dans certaines professions et certains secteurs.
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3. Pourquoi les postes vacants ont-ils diminué depuis 2022?
Le sommet atteint en 2022 correspondait à une période exceptionnelle.
Au premier trimestre de cette année-là, le Québec comptait environ 224 300 postes vacants. Quatre ans plus tard, leur nombre avait diminué de plus de moitié.
Cette évolution montre pourquoi il faut être prudent lorsqu’on s’appuie sur une situation ponctuelle du marché du travail pour choisir une carrière.
Un métier très recherché aujourd’hui peut évoluer. Les technologies évoluent, les besoins des entreprises se transforment, de nouvelles compétences émergent et la situation économique influence également les embauches.
Une stratégie professionnelle à long terme ne devrait donc pas reposer uniquement sur le nombre de postes actuellement disponibles.
4. Certains secteurs connaissent-ils encore des besoins importants?
Oui. Au premier trimestre de 2026, le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale comptait à lui seul environ 26 000 postes vacants au Québec.
On en comptait également environ :
- 13 100 dans la fabrication;
- 10 100 dans le commerce de détail;
- 9 000 dans les services professionnels, scientifiques et techniques.
Ces chiffres montrent que les besoins ne sont pas répartis équitablement dans l’économie.
Ils ne signifient pas non plus que toutes les professions d’un même secteur offrent les mêmes perspectives. Pour obtenir un portrait plus précis, il faut examiner la profession elle-même.
5. Pourquoi la situation varie-t-elle autant selon les professions?
Parce que le marché du travail n’est pas uniforme.
La formation requise, le nombre de personnes disponibles, les départs à la retraite, la croissance ou le ralentissement d’un secteur, les changements technologiques et les réalités régionales peuvent tous influencer la demande pour une profession.
Les diagnostics 2026 du gouvernement du Québec permettent de mesurer efficacement cette diversité.
Pour 2029, à l’échelle du Québec, le gouvernement prévoit :
- 36 professions en déficit de main-d’œuvre disponible;
- 170 professions en léger déficit;
- 217 professions en équilibre;
- 10 professions en léger surplus;
- aucune profession en surplus.
Il est donc beaucoup plus juste de parler de besoins de main-d’œuvre ciblés que de considérer l’ensemble du Québec comme un seul marché en pénurie.
6. La situation peut-elle être différente d’une région à l’autre?
Absolument. Une profession peut présenter de bonnes perspectives dans une région, mais une situation différente ailleurs.
C’est d’ailleurs pourquoi les diagnostics du gouvernement ne sont pas établis pour l’ensemble du Québec. Ils sont également produits pour chacune des régions administratives ainsi que pour les régions métropolitaines de recensement de Montréal et de Québec.
Pour une personne qui envisage une formation ou une réorientation professionnelle, la question ne devrait donc pas seulement être : « Ce métier est-il en demande au Québec? »
Elle devrait également se demander : « Quelles sont les perspectives de ce métier dans la région où je souhaite travailler? »
7. La formation demeure-t-elle importante sur le marché du travail?
La formation demeure un élément important, mais les besoins des employeurs sont très variés.
Parmi les quelque 109 100 postes vacants recensés au Québec au premier trimestre de 2026, environ 42 100 exigeaient une formation postsecondaire et 20 500 une formation universitaire. Quelque 46 400 demandaient au plus un diplôme d’études secondaires.
Ces données montrent qu’il existe des possibilités correspondant à différents niveaux de formation.
L’enjeu consiste donc moins à chercher « la formation qui garantit un emploi » qu’à comprendre les exigences du métier visé, les compétences recherchées et les perspectives associées à cette profession.
8. Pourquoi les compétences transférables demeurent-elles importantes?
Les compétences techniques permettent d’exercer un métier, mais elles ne sont pas les seules à intéresser un employeur.
La communication, la capacité d’adaptation, la résolution de problèmes, l’organisation, la collaboration et l’autonomie peuvent être utiles dans de nombreux environnements professionnels.
Elles deviennent particulièrement intéressantes lorsque le marché du travail évolue. Une technologie peut changer. Un logiciel peut être remplacé. Certaines tâches peuvent être automatisées. Mais la capacité à apprendre, à s’adapter et à travailler avec les autres demeure applicable dans une grande variété de situations.
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9. Le marché du travail québécois continue-t-il de créer des emplois?
Oui, même si la situation demeure changeante.
En 2025, le Québec comptait en moyenne , soit près de 79 000 de plus qu’en 2024. Cela représente une croissance de 1,7 %.
Cette progression s’est produite parallèlement à une diminution du nombre de postes vacants.
Les deux phénomènes peuvent sembler contradictoires, mais ils illustrent justement la complexité du marché du travail. Une diminution des postes vacants ne signifie pas nécessairement que l’emploi diminue, tout comme une augmentation du nombre de postes vacants ne signifie pas automatiquement que toutes les professions connaissent une pénurie.
10. Comment évaluer les perspectives d’un métier avant de choisir une formation?
Plutôt que de se fier uniquement aux manchettes ou à une liste de « métiers en demande », il peut être utile de consulter plusieurs indicateurs.
Avant de choisir une formation ou d’entreprendre une réorientation professionnelle, vous pouvez notamment vous renseigner sur :
- les perspectives d’emploi associées au métier;
- la situation de la profession dans votre région;
- la formation généralement demandée;
- les compétences recherchées;
- les secteurs dans lesquels ces compétences peuvent être utilisées;
- les changements technologiques susceptibles de transformer le métier.
Les diagnostics du gouvernement du Québec peuvent notamment servir à prendre des décisions en matière d’éducation et d’emploi.
11. Que nous apprennent les perspectives jusqu’en 2029?
Les prévisions actuellement disponibles ne montrent ni une pénurie généralisée affectant toutes les professions ni un marché où les besoins en travailleurs auraient disparu.
Elles présentent plutôt une mosaïque de situations professionnelles.
Parmi les professions pour lesquelles un diagnostic est établi en 2029, certaines devraient connaître un déficit ou un léger déficit de main-d’œuvre, tandis qu’un nombre important devrait se trouver en équilibre.
Pour les personnes qui préparent leur avenir professionnel, cette réalité rappelle l’importance de regarder au-delà d'une seule statistique.
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Comprendre le marché plutôt que chercher une garantie
La question posée en 2013 était de savoir si le Québec allait connaître une pénurie de main-d’œuvre au cours des années suivantes.
Plus d’une décennie plus tard, l’évolution du marché permet d’apporter une réponse beaucoup plus nuancée.
Le Québec a effectivement connu une période marquée par un nombre exceptionnellement élevé de postes vacants. Depuis, les tensions se sont atténuées : au premier trimestre de 2026, le nombre de postes vacants était inférieur de plus de deux fois à celui du même trimestre de l’année précédente dans certaines professions et certains secteurs, et les diagnostics du gouvernement prévoient encore de nombreuses professions en déficit ou en léger déficit de main-d’œuvre disponible en 2029.
Pour une personne qui réfléchit à une formation, à un retour aux études ou à une nouvelle carrière, la meilleure approche consiste donc à observer les perspectives du métier qui l’intéresse, à comprendre les besoins de sa région et à développer des compétences qui pourront évoluer avec le marché du travail.
Foire aux questions
1. Y a-t-il encore une pénurie de main-d’œuvre au Québec?
Il est difficile de parler d’une pénurie généralisée. Le nombre de postes vacants a fortement diminué depuis 2022, mais certaines professions et certains secteurs demeurent confrontés à des besoins importants.
2. Combien y a-t-il de postes vacants au Québec?
Au premier trimestre de 2026, on comptait environ 109 100 postes vacants au Québec, soit 5,6 % de moins qu’au premier trimestre de 2025.
3. Quels secteurs comptent le plus de postes vacants?
Au premier trimestre de 2026, les soins de santé et l’assistance sociale comptaient environ 26 000 postes vacants. La fabrication en comptait environ 13 100, le commerce de détail 10 100 et les services professionnels, scientifiques et techniques 9 000.
4. Toutes les professions connaissent-elles une pénurie de main-d'œuvre ?
Non. Les diagnostics du gouvernement du Québec classent les professions selon différents états d’équilibre. Pour 2029, 36 professions sont prévues en déficit, 170 en léger déficit et 217 en équilibre à l’échelle du Québec.
5. Comment savoir si un métier offre de bonnes perspectives d’emploi?
Il est préférable de consulter les données propres à la profession et à la région visées plutôt que de se fier uniquement à des tendances générales. Le gouvernement du Québec publie notamment des diagnostics à court terme pour 2026 et à moyen terme pour 2029 couvrant 516 professions.
Pour aller plus loin
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