29 mai 2013 | Québec
Mieux mémoriser ne signifie pas simplement relire davantage
Comprendre une notion pendant un cours constitue une première étape. Être capable de s’en souvenir quelques jours ou quelques semaines plus tard en est une autre.
Lorsqu’un examen approche, il peut être tentant de relire ses notes plusieurs fois en espérant que l’information finira par rester en mémoire. Pourtant, la familiarité avec une matière ne signifie pas nécessairement qu’on sera capable de la retrouver au moment où on en aura besoin.
Les recherches sur l’apprentissage mettent notamment en évidence l’efficacité de stratégies qui demandent à l’étudiant de récupérer activement l’information en mémoire et de répartir ses périodes d’étude dans le temps.
Il n’existe évidemment aucune méthode permettant de tout mémoriser instantanément. Quelques stratégies peuvent cependant rendre l’étude beaucoup plus active et aider à consolider progressivement les connaissances.
1. Essayer de se souvenir plutôt que simplement relire
L’une des stratégies les plus intéressantes consiste à fermer ses notes et à essayer de retrouver l’information de mémoire.
C’est ce qu’on appelle la récupération active.
Après avoir étudié une section, vous pourriez fermer votre cahier ou votre document et vous demander :
- Quelles étaient les trois idées principales?
- Puis-je expliquer cette notion avec mes propres mots?
- Quels éléments suis-je capable de nommer sans regarder?
- Quelle partie ai-je encore de la difficulté à expliquer?
Vous pouvez ensuite rouvrir vos notes, vérifier vos réponses et corriger ce qui manque.
Cette méthode présente un double avantage. Elle stimule la récupération de l’information et permet de constater ce que l’on maîtrise réellement. Les recherches montrent que la récupération répétée, particulièrement lorsqu’elle est espacée dans le temps, favorise la rétention à plus long terme.
2. Espacer les révisions dans le temps
Étudier pendant plusieurs heures la veille d’un examen peut donner l’impression d’avoir beaucoup travaillé. Pour retenir la matière plus longtemps, il est toutefois préférable de revenir sur les notions à plusieurs reprises plutôt que de concentrer toutes ses révisions en une seule séance.
C’est le principe de la répétition espacée.
Il n’est pas nécessaire d'adopter un calendrier compliqué. Une notion pourrait, par exemple, être étudiée une première fois, révisée brièvement le lendemain, puis récupérée de mémoire quelques jours plus tard, avant d’être revue de nouveau avant l’évaluation.
La recherche en psychologie cognitive montre que l’espacement des périodes d’étude peut favoriser la rétention à long terme par rapport à une étude concentrée en une seule session.
L’important est donc de commencer suffisamment tôt pour pouvoir retrouver l’information à plusieurs reprises au fil du temps.
3. Transformer ses notes en questions
Des notes de cours peuvent servir à autre chose qu’à être relues.
Essayez de transformer les titres, les définitions et les concepts importants en questions.
Au lieu de relire :
« Les trois étapes du processus sont... »
transformez l’information en :
« Quelles sont les trois étapes du processus? »
Puis tentez d’y répondre sans consulter vos notes.
Des fiches-questions peuvent être particulièrement utiles pour les définitions, le vocabulaire, les étapes d’une procédure ou d’autres éléments à retenir rapidement.
Les tests pratiques et les questions d’autoévaluation constituent, eux aussi, des formes de récupération active. Même lorsqu’une réponse est incorrecte, l’exercice permet de repérer les notions à retravailler.
👉 Découvrez également : Comment prendre des notes efficacement en classe
4. Expliquer la matière avec ses propres mots
Une autre façon de vérifier si une notion est bien comprise consiste à essayer de l’expliquer simplement.
Imaginez que vous devez enseigner le concept à une personne qui ne connaît pas le sujet. Pouvez-vous l’expliquer sans lire vos notes? Pouvez-vous donner un exemple? Pouvez-vous établir un lien avec une notion étudiée précédemment?
Si vous devez constamment consulter votre matériel pour poursuivre votre explication, vous venez probablement d’identifier une partie qui mérite une nouvelle révision.
Reformuler oblige également à aller au-delà de la mémorisation mot à mot. L’objectif n’est pas seulement de reconnaître les mots du cours, mais de comprendre suffisamment la notion pour pouvoir la reconstruire et l’expliquer.
5. Organiser l’information pour établir des liens
Toutes les notions ne se mémorisent pas de la même manière.
Pour certains contenus, une liste de questions et de réponses sera efficace. Pour d’autres, il peut être plus utile de créer un tableau comparatif, une chronologie, un schéma ou une carte conceptuelle.
Ces outils deviennent particulièrement intéressants lorsqu’ils obligent à réfléchir aux relations entre les éléments plutôt que de simplement recopier les notes.
Par exemple, vous pourriez chercher à déterminer :
Quelles notions appartiennent à la même catégorie?
Quelles sont leurs différences?
Quelle étape vient avant une autre?
Quelle cause produit quel effet?
Une carte conceptuelle peut elle-même devenir un exercice de récupération active si vous essayez de la reconstruire sans consulter vos notes, puis comparez votre résultat à la matière originale.
6. Alterner les notions et les types d’exercices
Étudier exactement le même type de contenu pendant une longue période n’est pas toujours la meilleure stratégie.
L’entrelacement consiste à alterner différents sujets, concepts ou types de problèmes au cours des périodes d’étude, plutôt que de répéter continuellement le même exercice. Cette stratégie peut notamment obliger l’étudiant à déterminer lui-même quelle connaissance ou quelle méthode utiliser.
Cela ne signifie pas qu’il faut passer constamment d’un sujet à l’autre sans méthode. L’efficacité de l’entrelacement peut varier selon les matières et la proximité entre les concepts étudiés.
L’objectif est plutôt d’éviter que l’étude ne devienne entièrement mécanique.
7. Identifier ce qu’on ne maîtrise pas encore
Une bonne séance d’étude ne devrait pas seulement confirmer ce que vous connaissez déjà.
Elle devrait surtout vous aider à trouver ce que vous ne connaissez pas encore suffisamment.
Après une récupération active ou un petit test, vous pouvez classer les notions en trois catégories :
Je peux l’expliquer sans aide.
Je comprends, mais j’hésite encore.
Je dois revoir cette notion.
Vous saurez alors où consacrer votre prochaine période d’étude plutôt que de recommencer systématiquement toute la matière.
Cette approche peut également rendre les révisions plus efficaces à mesure que l’examen approche.
👉 Découvrez également : Vaincre la procrastination quand on est étudiant
8. Éviter de tout apprendre à la dernière minute
Attendre la veille d’un examen limite fortement la possibilité d’espacer les révisions.
Une approche plus progressive permet, au contraire, d’alterner l’apprentissage, la récupération, la vérification et la révision.
Par exemple :
Premier contact : comprendre la matière et organiser ses notes.
Révision suivante : essayer de récupérer les idées principales sans regarder.
Quelques jours plus tard : répondre à des questions ou réviser les notions importantes.
Avant l’évaluation : concentrer ses efforts sur les éléments qui demeurent difficiles.
La combinaison de la récupération active et de l’espacement est particulièrement étayée par la recherche en apprentissage.
Construire une méthode d’étude qui fonctionne dans la durée
Il n’est pas nécessaire d’utiliser simultanément toutes les stratégies possibles.
Un étudiant peut commencer simplement : fermer ses notes après une section, essayer d’en retenir les idées principales, vérifier ce qu’il a oublié et revenir sur cette matière quelques jours plus tard.
À mesure que la matière devient plus complexe, les fiches-questions, les tableaux, les schémas, les autoévaluations et l’alternance entre différents types d’exercices peuvent compléter cette méthode.
Le plus important est de transformer l’étude en activité plutôt que de la réduire à une simple relecture. Mémoriser demande du temps et des efforts, mais une méthode structurée permet de consacrer davantage de temps aux stratégies qui favorisent réellement l’apprentissage.
Foire aux questions
1. Quelle est la meilleure façon de mémoriser ses cours?
Il n’existe pas de méthode unique adaptée à toutes les matières. La récupération active et la répétition espacée comptent toutefois parmi les stratégies bénéficiant d'un solide appui scientifique. Elles consistent respectivement à essayer de retrouver l’information sans consulter ses notes et à répéter cet exercice à différents moments.
2. Est-il utile de relire ses notes plusieurs fois?
La relecture peut servir à revoir une matière, mais elle ne permet pas toujours de savoir si l’on sera capable de récupérer l’information sans aide. Après une lecture, il peut donc être utile de fermer ses notes et de tenter d’en restituer le contenu.
3. Les fiches sont-elles efficaces pour mémoriser?
Elles peuvent l’être lorsqu’elles servent à s’interroger plutôt que de simplement relire les réponses. Il est préférable d’essayer de répondre avant de retourner la fiche, puis de reprendre ultérieurement les questions qui posent problème.
4. Faut-il apprendre ses cours par cœur?
Certaines informations peuvent nécessiter une mémorisation précise, notamment du vocabulaire ou de certaines définitions. Pour les concepts plus complexes, il est généralement important de comprendre les relations entre les idées et d’être capable de les expliquer et de les appliquer.
5. Pourquoi est-il préférable d’étudier sur plusieurs jours?
Répartir les périodes d’étude permet de revenir sur l’information à différents moments et de la mémoriser. L’espacement est associé à une meilleure rétention à long terme que la concentration de l’étude sur toute une séance.
Pour aller plus loin
👉 Retour aux études à l’âge adulte : à quoi s’attendre vraiment
👉 Comment se fixer des objectifs réalistes pour réussir ses études et son projet professionnel?
👉 Les bienfaits de la méditation pour les étudiants
👉 Comment concilier études, travail et obligations familiales?