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Déficience intellectuelle et éducation spécialisée : comprendre les besoins et l’intervention

27 décembre 2013 | Québec

Adapter l’accompagnement aux capacités et aux besoins de chaque personne

Communiquer, accomplir certaines tâches du quotidien, développer des habiletés sociales, résoudre un problème ou gagner en autonomie : les capacités mobilisées au quotidien sont nombreuses.

 

Lorsqu’une personne présente une déficience intellectuelle, certains apprentissages ou certaines situations peuvent nécessiter un accompagnement adapté à ses capacités et à ses besoins.

 

En éducation spécialisée, l’intervention ne consiste pas à appliquer une méthode identique à toutes les personnes présentant une déficience intellectuelle. Elle demande plutôt d’observer, de comprendre les besoins, de reconnaître les capacités et de déterminer des objectifs ainsi que des moyens d’intervention appropriés.

 

La déficience intellectuelle fait partie des réalités étudiées dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, qui prépare les étudiantes et étudiants à intervenir auprès de clientèles diversifiées.

Qu’est-ce que la déficience intellectuelle?

La déficience intellectuelle fait partie des réalités auxquelles les personnes accompagnées en éducation spécialisée peuvent être confrontées.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, elle est abordée dans les cours consacrés aux clientèles, aux côtés notamment des déficiences physiques et sensorielles, des réalités neurologiques, du trouble du spectre de l’autisme, des difficultés d’apprentissage et de langage et de certaines réalités liées à la santé mentale.

 

Pour l’éducatrice ou l’éducateur spécialisé, connaître les caractéristiques d’une clientèle constitue toutefois seulement un point de départ.

 

Deux personnes présentant une déficience intellectuelle peuvent avoir des capacités, des besoins, des expériences et des environnements très différents.

 

Il faut donc comprendre la réalité générale tout en évitant de présumer des besoins d’une personne à partir d’une seule caractéristique.

 

👉 Découvrez également : Travailler avec des clientèles diversifiées en éducation spécialisée

Pourquoi faut-il commencer par les besoins de la personne?

Une intervention adaptée ne part pas simplement d’une catégorie ou d’une difficulté.

 

Elle part de la personne.

 

Quelles sont ses capacités? Dans quelles situations rencontre-t-elle des difficultés? Que peut-elle accomplir seule? Dans quelles circonstances a-t-elle besoin de soutien? Quels apprentissages ou quelles habiletés pourraient favoriser son adaptation ou son autonomie?

 

L’observation et la collecte d’informations permettent de mieux répondre à ces questions.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent différentes méthodes d’observation et développent leur capacité à recueillir et à interpréter des données avant de déterminer les besoins et les moyens d’intervention.

 

Cette démarche permet d’éviter une intervention fondée uniquement sur des suppositions.

Pourquoi les capacités sont-elles aussi importantes que les difficultés?

Lorsqu’une personne présente une déficience intellectuelle, il peut être facile de se concentrer sur ce qu’elle trouve difficile.

 

Pourtant, une intervention doit également tenir compte de ce que l’on peut déjà faire.

 

Les capacités et les acquis peuvent servir de points d’appui pour définir des objectifs réalistes et choisir des moyens adaptés.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U prépare notamment les étudiantes et étudiants à réaliser des activités éducatives favorisant le développement d’habiletés sociales, cognitives, psychomotrices et de communication, ainsi que l’estime de soi, la responsabilisation et la résolution de problèmes.

 

L’accompagnement ne consiste donc pas seulement à repérer des difficultés. Il cherche également à mobiliser et à développer les capacités de la personne.

Comment adapter une activité d’intervention?

Une activité pertinente pour une personne ne le sera pas nécessairement pour une autre.

 

Il faut tenir compte de l’objectif poursuivi, mais aussi des capacités, des besoins et de la manière dont la personne participe.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à analyser les besoins, à déterminer des objectifs, à concevoir et à animer des activités, puis à en évaluer les résultats.

 

L’activité peut alors être adaptée à partir des observations réalisées.

 

Si certaines consignes sont difficiles à comprendre, si le niveau de complexité ne convient pas ou si la personne éprouve des difficultés à participer, l’intervention peut devoir être ajustée.

 

Ce principe est essentiel : ce n’est pas à la personne de s’adapter à une activité mal choisie; l’activité doit être pensée en fonction de la personne et de l’objectif recherché.

 

👉 Découvrez également : Comment concevoir une activité d’intervention en éducation spécialisée?

Quel rôle joue la communication?

La communication est présente dans presque toutes les dimensions de l’accompagnement.

 

Il faut pouvoir expliquer une activité, comprendre les besoins exprimés, observer les réactions et établir une relation avec la personne.

 

Les capacités de communication peuvent toutefois varier considérablement d’une personne à l’autre.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde la communication verbale et non verbale, les obstacles à la communication, ainsi que différentes techniques de communication auprès des clientèles.

 

Cette connaissance permet à l’éducatrice ou à l’éducateur spécialisé d’être attentif non seulement à ce qu’il souhaite communiquer, mais également à la façon dont la personne reçoit et exprime l’information.

 

Adapter sa communication fait donc partie de l’intervention.

Pourquoi les habiletés sociales peuvent-elles faire partie de l’intervention?

Les interactions avec les autres font partie de nombreuses situations quotidiennes.

 

Participer à une activité, communiquer un besoin, collaborer ou résoudre un désaccord peut mobiliser différentes habiletés sociales.

 

Le développement de ces habiletés fait partie des objectifs éducatifs visés par le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U.

 

Selon les besoins de la personne, une activité d’intervention peut donc être conçue pour lui permettre de mettre certaines habiletés en pratique dans un cadre structuré.

 

L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé peut alors observer la participation, les interactions et les difficultés rencontrées afin d’ajuster progressivement l’accompagnement.

Soutenir l’autonomie signifie-t-il tout faire seul?

L’autonomie ne signifie pas nécessairement qu’une personne doit être capable de tout accomplir sans aide.

 

Elle peut plutôt consister à développer ou maintenir des capacités lui permettant de participer davantage à son quotidien, de faire certains choix ou d’accomplir certaines tâches avec un niveau de soutien adapté.

 

Cette nuance est importante en éducation spécialisée.

 

Faire systématiquement une tâche à la place d’une personne peut limiter les occasions de mobiliser certaines capacités. À l’inverse, demander une autonomie qui ne correspond pas à ses besoins peut rendre la situation inutilement difficile.

 

L’intervention cherche donc un équilibre : offrir le soutien nécessaire tout en laissant à la personne la possibilité d’utiliser et de développer ses acquis.

Pourquoi le réseau de soutien est-il important?

Une personne présentant une déficience intellectuelle peut être entourée de proches, d’intervenants et de diverses ressources.

 

Ces personnes peuvent détenir des informations utiles sur ses capacités, ses habitudes, ses besoins et les moyens déjà utilisés dans d’autres contextes.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde les besoins de la personne, de sa famille et de son réseau de soutien, ainsi que les différents services disponibles.

 

Cette perspective permet de replacer l’intervention dans un cadre plus large.

 

Une stratégie utilisée dans un seul contexte n’a pas nécessairement les mêmes effets ailleurs. La communication entre les personnes concernées peut donc contribuer à une meilleure compréhension des besoins et à une plus grande cohérence de l’accompagnement.

 

👉 Découvrez également : Réseau de soutien : pourquoi est-il important en éducation spécialisée?

Pourquoi le plan d’intervention doit-il pouvoir évoluer?

Les besoins d’une personne ne sont pas nécessairement fixes.

 

Certaines capacités peuvent se développer, de nouveaux besoins peuvent apparaître et des moyens qui étaient pertinents à un moment donné peuvent devoir être ajustés.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à recueillir de l’information, à identifier les besoins, à déterminer des objectifs et des moyens, puis à évaluer et à réviser un plan d’intervention.

 

L’évaluation permet de vérifier ce que produisent réellement les interventions.

 

La personne progresse-t-elle vers l’objectif? Le soutien offert est-il approprié? Faut-il modifier l’activité ou le moyen utilisé?

 

L’intervention devient ainsi une démarche qui évolue à partir des observations et des résultats.

Accompagner la personne plutôt qu’une étiquette

Connaître la déficience intellectuelle est important pour comprendre certaines réalités rencontrées dans l’éducation spécialisée.

 

Mais cette connaissance ne suffit pas à déterminer automatiquement comment intervenir.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, les étudiantes et étudiants développent des compétences en observation, en communication, en analyse des besoins, en activités d’intervention et en élaboration de plans d’intervention auprès de clientèles diversifiées.

 

Ces compétences permettent de revenir à ce qui doit demeurer au centre de l’accompagnement : la personne elle-même, avec ses capacités, ses besoins, ses objectifs et son environnement.

 

Une intervention adaptée ne consiste donc pas à demander « que fait-on avec une personne ayant une déficience intellectuelle? », mais plutôt à se demander « de quel soutien cette personne a-t-elle besoin pour développer ou maintenir ses habiletés et participer davantage à son quotidien? »

Foire aux questions

1. L’éducation spécialisée peut-elle intervenir auprès de personnes présentant une déficience intellectuelle?
Oui. La déficience intellectuelle fait partie des réalités abordées dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U. Les éducatrices et éducateurs spécialisés peuvent intervenir auprès de clientèles présentant différentes difficultés d’adaptation ou des limitations, selon leur milieu de travail.

 

2. Quels objectifs peuvent être travaillés auprès d’une personne présentant une déficience intellectuelle?
Les objectifs dépendent des besoins et des capacités de chaque personne. Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde notamment le développement d’habiletés sociales, cognitives, psychomotrices et de communication, ainsi que l’estime de soi, la responsabilisation et la résolution de problèmes.

 

3. Pourquoi l’intervention doit-elle être individualisée?
Deux personnes présentant une déficience intellectuelle peuvent avoir des capacités, des besoins et des environnements très différents. L’observation et l’analyse permettent donc de déterminer des objectifs et des moyens adaptés à la situation particulière de chacune.

Pour aller plus loin

👉 Techniques d’éducation spécialisée : comprendre le domaine et ses perspectives

 

👉 Le plan d’intervention en éducation spécialisée : observer, planifier, ajuster

 

👉 Avez-vous le profil pour travailler en éducation spécialisée?

 

👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI

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