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Persévérance scolaire : comment l’éducation spécialisée peut-elle soutenir les jeunes?

29 juillet 2014 | Québec

Comprendre ce qui freine la participation avant de chercher à la renforcer

Un jeune participe moins en classe. Il abandonne rapidement certaines tâches. Il semble perdre de l’intérêt pour les apprentissages ou se décourager lorsqu’il rencontre une difficulté.

 

Ces situations peuvent avoir des origines variées. Elles ne signifient pas automatiquement qu’un jeune manque de volonté ou ne souhaite pas réussir.

 

En éducation spécialisée, soutenir la persévérance scolaire passe d’abord par la compréhension des besoins du jeune, des difficultés qu’il rencontre et des facteurs qui influencent sa participation.

 

Cette dimension fait partie des apprentissages du programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI. Dans le cours consacré aux difficultés d’apprentissage et aux troubles du comportement, les étudiantes et étudiants abordent notamment des stratégies d’intervention visant à favoriser l’intérêt et la persévérance scolaire.

 

Comment l’éducation spécialisée peut-elle contribuer à cet accompagnement?

Qu’entend-on par persévérance scolaire?

La persévérance scolaire ne se résume pas à obtenir de bonnes notes.

 

Elle concerne la capacité du jeune à poursuivre son parcours et à demeurer engagé dans ses apprentissages malgré les difficultés qu’il peut rencontrer.

 

Cette distinction est importante en éducation spécialisée.

 

Un jeune peut vouloir progresser tout en éprouvant des difficultés d’apprentissage, de langage, d’adaptation ou de participation, ce qui rend certaines situations scolaires plus exigeantes.

 

Le rôle de l’intervention n’est donc pas simplement de demander au jeune de « faire davantage d’efforts ».

 

Il faut plutôt chercher à comprendre ce qui peut soutenir ou freiner sa participation et son engagement.

Pourquoi faut-il comprendre les difficultés rencontrées par le jeune?

Lorsqu’un jeune évite une tâche ou l’abandonne rapidement, le comportement visible ne permet pas nécessairement d’en connaître la raison.

 

La tâche est-elle difficile à comprendre? Certaines habiletés sont-elles davantage sollicitées? Le jeune rencontre-t-il régulièrement le même type d’obstacle? Dans quelles situations participe-t-il davantage?

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U comprend un cours consacré aux difficultés d’apprentissage et aux troubles du comportement. Les étudiantes et étudiants y abordent notamment la détection des difficultés liées au langage et aux apprentissages ainsi que différentes stratégies de stimulation.

 

Cette compréhension permet de dépasser une lecture centrée uniquement sur le résultat scolaire pour s’intéresser à ce que vit le jeune lorsqu’il apprend.

 

👉 Découvrez également : Difficultés d’apprentissage et de langage : comment l’éducation spécialisée peut-elle soutenir les jeunes?

Quel rôle joue l’observation?

L’observation permet de recueillir des informations sur les situations où le jeune participe, rencontre une difficulté ou se désengage.

 

Il peut être pertinent d’examiner ce qui se passe avant, pendant et après une activité.

 

Le jeune réagit-il de la même façon face à toutes les tâches? Certaines consignes semblent-elles plus difficiles à comprendre? Sa participation change-t-elle selon le contexte ou le type d’activité?

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent différentes méthodes d’observation, de collecte de données et d’interprétation. Ils sont également sensibilisés aux biais susceptibles d’influencer leurs conclusions.

 

Cette rigueur permet d’éviter des jugements rapides comme « il n’est pas motivé » ou « elle ne veut pas travailler » lorsque les informations disponibles ne permettent pas de les affirmer.

L’intérêt peut-il influencer la participation?

L’intérêt et la persévérance scolaire sont explicitement associés dans les apprentissages du programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U portant sur les difficultés d’apprentissage et les troubles du comportement.

 

Cela ne signifie pas qu’il suffit de rendre chaque activité amusante.

 

Favoriser l’intérêt demande plutôt de réfléchir à la manière dont le jeune peut être amené à participer et à s’engager dans une situation d’apprentissage.

 

Ses capacités, ses besoins et la difficulté de la tâche peuvent notamment être pris en compte.

 

Une intervention adaptée cherche donc à créer des conditions favorables à la participation plutôt que de considérer l’intérêt comme une caractéristique que le jeune possède ou non.

Pourquoi faut-il adapter les interventions?

Tous les jeunes ne rencontrent pas les mêmes obstacles.

 

Une stratégie utile pour l’un peut être moins pertinente pour un autre.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, les étudiantes et étudiants apprennent à analyser les besoins, à déterminer des objectifs et à concevoir des activités d’intervention adaptées.

 

Cette démarche peut être appliquée aux situations liées aux apprentissages.

 

L’objectif poursuivi doit être suffisamment clair pour choisir un moyen pertinent, puis vérifier ses résultats.

 

Une intervention adaptée ne cherche donc pas à imposer une seule façon de participer. Elle tient compte de la personne, de ses capacités et du besoin identifié.

Quel rôle peut jouer l’estime de soi?

Les expériences vécues par un jeune peuvent influencer la manière dont il aborde certaines situations.

 

C’est pourquoi le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U ne se limite pas aux habiletés scolaires. Les objectifs professionnels de la formation comprennent également le développement de l’estime de soi, de la responsabilisation et des capacités de résolution de problèmes.

 

Ces dimensions peuvent être pertinentes lorsqu’un jeune rencontre régulièrement des difficultés.

 

L’intervention peut notamment chercher à lui permettre de mobiliser ses capacités, de participer activement à certaines activités et de développer progressivement différentes habiletés.

 

L’objectif n’est pas de lui assurer que tout sera facile, mais de l’accompagner dans des situations où il peut apprendre à composer avec les défis qu’il rencontre.

Pourquoi la relation d’aide est-elle importante?

Pour comprendre ce qu’un jeune vit, il ne suffit pas toujours de l’observer.

 

Il faut également savoir l’écouter.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U comprend un cours consacré à la relation d’aide. Les étudiantes et étudiants y développent notamment des attitudes favorisant la relation, des techniques d’entrevue et leur capacité à considérer les besoins et les attentes de la personne.

 

Cette relation peut permettre au jeune d’exprimer certaines difficultés, préoccupations ou perceptions qui ne sont pas immédiatement visibles.

 

L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé peut alors intégrer ces informations à ce qui a été observé afin d’obtenir une compréhension plus complète de la situation.

Pourquoi la collaboration en milieu scolaire compte-t-elle?

En milieu scolaire, l’éducatrice ou l’éducateur spécialisé ne travaille pas isolément.

 

Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U prépare notamment les étudiantes et étudiants à collaborer avec les enseignants et d’autres professionnels dans l’accompagnement des jeunes.

 

Cette collaboration permet de mettre en commun diverses observations.

 

Un enseignant peut remarquer certaines difficultés lors des apprentissages, tandis qu’un autre intervenant peut observer le jeune dans des activités ou des contextes différents.

 

Ces informations complémentaires peuvent aider à mieux cerner les besoins et à coordonner les interventions.

 

👉 Découvrez également : L’éducation spécialisée en milieu scolaire : soutenir la réussite et l’adaptation

Comment favoriser la responsabilisation sans faire porter tout le poids au jeune?

La responsabilisation fait partie des habiletés pouvant être développées dans le cadre de l’éducation spécialisée.

 

Elle ne signifie toutefois pas que le jeune devient seul responsable des difficultés qu’il rencontre.

 

L’accompagnement peut plutôt l’aider à participer progressivement aux démarches qui le concernent, à comprendre certains objectifs ou à mobiliser des stratégies adaptées à ses capacités.

 

Cette nuance est importante.

 

La persévérance scolaire dépend de la participation du jeune, mais l’intervention doit également tenir compte de son environnement, de ses besoins et des obstacles auxquels il est confronté.

Soutenir la responsabilisation consiste donc à favoriser son implication sans réduire la situation à sa seule volonté individuelle.

Pourquoi faut-il évaluer les interventions mises en place?

Une stratégie qui semble pertinente au départ doit être évaluée en fonction de ses résultats.

 

Le jeune participe-t-il davantage? Certaines difficultés demeurent-elles? Le moyen utilisé correspond-il réellement au besoin identifié? Faut-il l’adapter?

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U, l’évaluation et l’adaptation font partie de la démarche d’intervention.

 

Cette étape permet d’éviter de maintenir un moyen uniquement parce qu’il a été prévu.

 

Soutenir la persévérance scolaire consiste plutôt à observer la manière dont le jeune réagit à l’intervention et à revoir les stratégies lorsque les résultats indiquent qu’un ajustement est nécessaire.

Soutenir le jeune au-delà de ses résultats scolaires

La persévérance scolaire est une réalité complexe.

 

Lorsqu’un jeune éprouve des difficultés à participer ou à poursuivre certains apprentissages, l’éducation spécialisée permet de regarder au-delà du résultat immédiat.

 

Il faut observer les situations, comprendre les difficultés, considérer les capacités du jeune, écouter ce qu’il vit et déterminer des interventions adaptées à ses besoins.

 

Dans le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI, les apprentissages liés aux difficultés d’apprentissage, à la persévérance scolaire, à l’observation, à la relation d’aide et aux activités d’intervention permettent de développer cette approche.

 

Soutenir la persévérance ne consiste donc pas à simplement encourager un jeune à continuer. Il s’agit de comprendre ce qui peut l’aider à demeurer engagé dans son parcours et à développer les moyens nécessaires pour composer avec les difficultés qu’il rencontre.

Foire aux questions

1. Quel rôle peut jouer l’éducation spécialisée dans la persévérance scolaire?
L’éducatrice ou l’éducateur spécialisé peut notamment observer les difficultés, contribuer à l’identification des besoins et mettre en œuvre des interventions adaptées. Le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U aborde explicitement des stratégies favorisant l’intérêt et la persévérance scolaire.

 

2. Un manque de participation signifie-t-il qu’un jeune manque de motivation?
Pas nécessairement. Une faible participation peut s'expliquer par différentes réalités. L’observation, la communication avec le jeune et l’analyse du contexte permettent de recueillir davantage d’informations avant de tirer une conclusion.

 

3. Pourquoi faut-il évaluer les interventions liées à la persévérance scolaire?
L’évaluation permet de vérifier si les moyens utilisés correspondent aux besoins et produisent les résultats recherchés. Si ce n’est pas le cas, l’intervention peut être ajustée en fonction des nouvelles informations recueillies.

Pour aller plus loin

👉 Techniques d’éducation spécialisée : comprendre le domaine et ses perspectives

 

👉 Comprendre les troubles du comportement en éducation spécialisée

 

👉 Le plan d’intervention en éducation spécialisée : observer, planifier, ajuster

 

👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation spécialisée – JNC.1U du Collège CDI

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