23 janvier 2014 | Québec
Comprendre son nouvel environnement professionnel pour mieux préparer sa recherche d’emploi
S’installer au Québec signifie découvrir un nouvel environnement de vie, mais aussi un marché du travail qui peut fonctionner différemment de celui que l’on connaît déjà.
Les titres d’emploi ne sont pas toujours les mêmes, certaines professions sont réglementées, les façons de présenter son expérience peuvent varier et les démarches de recherche d’emploi demandent parfois quelques ajustements. Le gouvernement du Québec souligne d’ailleurs que les noms des emplois peuvent différer d’un pays à l’autre et recommande de mettre l’accent, dans son CV, sur les tâches réalisées et les compétences développées à l’étranger.
Pour une personne nouvellement arrivée, s’adapter au marché du travail québécois ne signifie donc pas repartir de zéro. Il s’agit plutôt de comprendre ce nouvel environnement afin de savoir comment y présenter son parcours, ses compétences et son expérience.
Commencer par comprendre son métier au Québec
Un même métier peut porter des noms différents d’un pays à l’autre. À l’inverse, deux titres qui semblent similaires ne correspondent pas nécessairement aux mêmes fonctions.
Avant de commencer une recherche d’emploi, il peut donc être utile d’examiner comment son domaine et son métier sont définis au Québec.
Quelles sont les principales tâches associées aux postes recherchés? Quelles compétences les employeurs demandent-ils? Quels titres d’emploi sont utilisés? Quels types d’organisations recrutent dans ce domaine?
Cette recherche permet d’utiliser le vocabulaire approprié dans son CV et dans les moteurs de recherche d’emploi. Elle aide également à déterminer dans quelle mesure son expérience antérieure correspond aux fonctions exercées au Québec.
L’objectif n’est pas de modifier artificiellement son parcours, mais de le présenter de manière à ce qu’un employeur québécois puisse le comprendre facilement.
Vérifier si sa profession ou son métier est réglementé
C’est une vérification particulièrement importante pour une personne formée à l’extérieur du Québec.
Certaines professions et certains métiers sont réglementés. Dans ces situations, posséder un diplôme ou avoir exercé la profession dans un autre pays ne donne pas automatiquement le droit de l’exercer au Québec.
Le gouvernement du Québec précise que lorsqu’une profession est réglementée, la personne doit entreprendre une démarche auprès de l’organisme qui l’encadre afin de faire reconnaître sa formation et d’obtenir, le cas échéant, le droit d’exercice ou le droit d’utiliser un titre réservé. Selon la profession, une formation d’appoint, un stage ou des examens peuvent notamment être exigés.
Il est donc préférable de vérifier cette information tôt dans son parcours plutôt que de découvrir cette exigence après avoir commencé sa recherche d’emploi.
Un diplôme obtenu à l’étranger est-il reconnu automatiquement?
La réponse dépend notamment du contexte d'utilisation du diplôme.
Pour une profession ou un métier non réglementé, une personne peut généralement postuler directement auprès des employeurs. Ceux-ci peuvent évaluer les compétences acquises à l’étranger en fonction de leur domaine d’activité.
Dans certaines situations, une Évaluation comparative des études effectuées hors du Québec peut être demandée afin d’aider à comprendre le diplôme obtenu. Il est toutefois important de savoir que cette évaluation n’est pas une équivalence de diplôme : elle établit plutôt à quel niveau scolaire et à quel domaine de formation au Québec les études peuvent être comparées.
Pour une profession réglementée, les démarches diffèrent et relèvent de l’organisme responsable de cette profession.
Il n’existe donc pas une seule procédure de « reconnaissance des diplômes » applicable à tous les nouveaux arrivants.
Comment présenter son expérience acquise à l’étranger?
Une expérience professionnelle ne perd pas de valeur parce qu’elle a été acquise dans un autre pays.
Elle doit toutefois être suffisamment expliquée pour que la personne qui lit le CV comprenne ce qu’elle représente.
Plutôt que de se contenter du seul titre d’un ancien poste, il peut être plus utile de préciser les responsabilités assumées, les tâches réalisées, les outils utilisés et les compétences développées. C’est d’ailleurs l’approche recommandée par le gouvernement du Québec lorsque les appellations d’emploi diffèrent d’un pays à l’autre.
Des compétences telles que la communication, l’organisation, le service à la clientèle, la gestion, la résolution de problèmes ou la maîtrise d’outils techniques peuvent également être transférables d’un contexte professionnel à l’autre.
L’enjeu consiste donc à aider l’employeur à comprendre ce que votre expérience vous permet de faire concrètement.
👉 Découvrez également : Comment analyser ses compétences transférables?
Faut-il adapter son CV au marché du travail québécois?
Oui, certains ajustements peuvent faciliter la compréhension d’un parcours.
Le CV doit notamment permettre à l’employeur de repérer rapidement les compétences et expériences pertinentes pour le poste recherché.
Pour une personne nouvellement arrivée, cette adaptation peut également nécessiter un travail sur le vocabulaire. Un titre de poste utilisé ailleurs peut être peu connu au Québec alors que les fonctions exercées correspondent très bien à celles recherchées par l’employeur.
Il est également préférable d’adapter le contenu du CV au poste plutôt que d’envoyer le même document pour toutes les candidatures.
Cette démarche ne consiste pas à effacer son parcours antérieur pour le rendre « québécois ». Elle consiste à le rendre compréhensible et pertinent dans le contexte où la candidature est présentée.
Pourquoi développer son réseau professionnel au Québec?
Les offres d’emploi publiées constituent une source importante de possibilités, mais elles ne sont pas la seule façon de découvrir des employeurs et de mieux connaître un secteur.
Développer progressivement son réseau peut permettre d’échanger avec des personnes qui travaillent dans son domaine, de découvrir des organisations, de mieux comprendre certaines pratiques professionnelles et de prendre connaissance de possibilités auxquelles on n’aurait pas pensé.
Il ne faut toutefois pas comprendre le réseautage comme une obligation de connaître « les bonnes personnes ».
Un réseau professionnel se construit progressivement. Des collègues, des personnes rencontrées lors d’une formation ou d’un stage, des événements professionnels et LinkedIn peuvent tous contribuer à créer des contacts pertinents.
👉 Découvrez également : Marché caché de l’emploi : comment trouver des possibilités qui ne sont pas affichées?
Quelle place occupe le français dans le monde du travail?
Le français occupe une place centrale dans la vie professionnelle au Québec.
La Charte de la langue française établit notamment le droit de travailler en français. Les entreprises comptant 25 personnes ou plus pendant une période de six mois sont par ailleurs assujetties à une démarche de francisation visant à généraliser l’usage du français dans leur milieu de travail.
Les besoins linguistiques peuvent néanmoins varier selon les fonctions exercées et les situations professionnelles.
Plutôt que de présumer que la connaissance de l’anglais est systématiquement nécessaire pour progresser professionnellement, comme le faisait parfois l'ancien discours sur le marché du travail, il est préférable d’examiner les exigences réelles du métier et du poste recherché.
Développer ses compétences en français peut également faciliter la communication avec les collègues, la compréhension des consignes et la participation à la vie professionnelle au Québec.
Comprendre les attentes des employeurs sans généraliser
Il n’existe pas un seul modèle d’employeur québécois.
Une petite entreprise, une grande organisation, un organisme communautaire, une entreprise technologique ou un établissement de santé peuvent avoir des environnements et des méthodes de travail très différents.
Les attentes varient également selon le métier.
Il demeure néanmoins utile de se préparer à expliquer clairement ses compétences et son expérience, à donner des exemples de réalisations et à montrer comment son parcours correspond aux responsabilités du poste.
L’entrevue permet également au candidat de poser ses propres questions afin de mieux comprendre les tâches, l’équipe, l’encadrement et les conditions de travail.
👉 Découvrez également : Comprendre les attentes des employeurs au Québec
Faut-il nécessairement accepter un emploi moins qualifié pour commencer?
Non.
Certaines personnes peuvent décider d’accepter temporairement un emploi différent de celui qu’elles occupaient auparavant, mais il ne s’agit pas d'une étape obligatoire de l’intégration professionnelle au Québec.
La situation dépend du domaine, de l’expérience, de la reconnaissance éventuellement requise, des possibilités disponibles et des objectifs de chaque personne.
Avant de conclure qu’il faut abandonner son domaine, il peut être pertinent de vérifier si la profession est réglementée, de faire analyser sa candidature, d’explorer différentes appellations d’emploi et de mieux mettre en valeur ses compétences acquises à l’étranger.
Pour une profession non réglementée, le gouvernement du Québec indique qu’une personne peut entreprendre directement une recherche d’emploi dans son domaine et présenter sa candidature auprès des employeurs.
Une formation au Québec peut-elle faire partie du parcours?
Pour certaines personnes nouvellement arrivées, le projet professionnel peut également mener à une formation au Québec.
Les raisons peuvent être diverses : développer de nouvelles compétences, se familiariser avec des outils propres à son domaine, compléter son parcours ou entreprendre une réorientation professionnelle.
La reconnaissance des acquis et des compétences peut également être pertinente dans certaines situations. En formation professionnelle, par exemple, cette démarche permet d’identifier les compétences déjà maîtrisées et, le cas échéant, celles qui restent à acquérir en fonction du programme visé.
Un retour aux études n’est toutefois pas automatiquement nécessaire pour une personne formée à l’étranger. La pertinence d’une formation dépend de son parcours, de son domaine et de ses objectifs professionnels.
Où trouver de l’aide pour sa recherche d’emploi?
S’adapter à un nouveau marché du travail demande du temps, et plusieurs ressources peuvent accompagner les démarches.
Le gouvernement du Québec offre notamment de l’information sur la recherche d’emploi, la préparation du CV, les entrevues, la reconnaissance des compétences acquises à l’étranger et les professions réglementées. Il propose également Québec emploi pour consulter des possibilités d’emploi.
Des services d’aide à l’emploi peuvent également offrir un accompagnement adapté à sa situation.
L’important est de ne pas attendre qu’une difficulté devienne un obstacle majeur avant de chercher de l’information. Une question sur un diplôme, un métier réglementé ou la présentation de son expérience peut parfois être clarifiée dès le début de la démarche.
Construire progressivement sa place sur le marché du travail québécois
Arriver avec une expérience professionnelle acquise ailleurs signifie apporter des connaissances, des compétences et un parcours déjà construits.
L’adaptation consiste ensuite à comprendre comment ce bagage peut s’inscrire dans un nouvel environnement.
Identifier les appellations utilisées dans son domaine, vérifier les exigences d’exercice, adapter son CV, expliquer clairement ses compétences, développer son réseau et connaître les ressources disponibles permettent d’aborder la recherche d’emploi de manière plus structurée.
Il n’existe pas de parcours unique pour réussir son intégration professionnelle au Québec. Chaque personne apporte une expérience différente et peut avoir besoin d’adapter certaines étapes à son métier, à ses objectifs et à sa situation.
Comprendre le marché du travail permet alors non pas de repartir à zéro, mais de mieux faire reconnaître et comprendre ce que l’on possède déjà tout en déterminant les prochaines étapes de son parcours.
Foire aux questions
1. Un diplôme obtenu à l’étranger est-il automatiquement reconnu au Québec?
Non. La démarche dépend notamment du métier ou de la profession. Lorsqu’une profession est réglementée, il faut s’informer auprès de l’organisme qui l’encadre afin de connaître les exigences à respecter pour exercer au Québec. Pour une profession non réglementée, il est possible de postuler directement auprès des employeurs. Une Évaluation comparative des études effectuées hors du Québec peut être utile ou demandée dans certaines situations, mais elle ne constitue pas une équivalence de diplôme.
2. Faut-il adapter son CV lorsqu’on cherche un emploi au Québec?
Il est utile de présenter son parcours de manière à ce que les employeurs comprennent facilement les fonctions exercées et les compétences développées. Comme les titres d’emploi peuvent varier d’un pays à l’autre, le gouvernement du Québec recommande notamment de mettre l’accent sur les tâches et les compétences acquises à l’étranger.
3. Où un nouvel arrivant peut-il obtenir de l’aide pour sa recherche d’emploi?
Le gouvernement du Québec met à disposition des ressources sur la recherche d’emploi, les CV, les entrevues, la reconnaissance des compétences et les professions réglementées. Il existe également des services d’aide à l’emploi qui peuvent accompagner les personnes immigrantes dans leurs démarches.
Pour aller plus loin
👉 Stage et intégration au marché du travail : ce qu’il faut savoir
👉 Comment construire un CV efficace en début de carrière
👉 Comment développer son réseau professionnel quand on débute sa carrière?
👉 Où trouver de l’aide pour sa recherche d’emploi au Québec?