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Comment les éducatrices favorisent-elles l’estime de soi des enfants?

18 février 2014 | Québec

Aider l’enfant à développer une perception positive de lui-même

L’estime de soi se construit progressivement à travers les expériences vécues, les relations avec les autres et la manière dont l’enfant apprend à percevoir ses capacités. En milieu éducatif, les interactions quotidiennes offrent de nombreuses occasions de renforcer la confiance de l’enfant, son autonomie et son sentiment de compétence.

 

L’éducatrice peut y contribuer par ses paroles, mais aussi par la manière dont elle accompagne l’enfant lorsqu’il essaie quelque chose de nouveau, rencontre une difficulté, commet une erreur ou réussit une tâche.

 

Cette dimension s’inscrit directement dans le développement global et socio-émotionnel abordé dans le programme de Techniques d’éducation à l’enfance – JEE.13 du Collège CDI. La formation couvre notamment l’autonomie, les interventions éducatives et les activités sociales et affectives adaptées aux différentes étapes du développement.

Reconnaître les efforts plutôt que seulement les réussites

Féliciter un enfant lorsqu’il réussit peut être encourageant, mais l’accompagnement ne devrait pas se limiter au résultat obtenu.

 

L’éducatrice peut également souligner l’effort, la persévérance, les stratégies mises en œuvre ou les progrès réalisés. Un enfant qui n’a pas réussi du premier coup peut ainsi constater que son effort a de la valeur et qu’il peut continuer à apprendre.

 

Cette approche permet également d’éviter que l’enfant ne se limite à associer sa valeur personnelle à sa capacité à réussir immédiatement.

 

👉 Découvrez également : Comment les éducatrices soutiennent-elles le développement des enfants au quotidien?

Donner à l’enfant des occasions d’agir par lui-même

Développer son autonomie permet à l’enfant de découvrir progressivement ce qu’il est capable d’accomplir.

 

Selon son âge et ses capacités, il peut, par exemple, ranger du matériel, faire certains choix, participer à une activité, accomplir une petite responsabilité ou essayer de résoudre un problème avant que l’adulte intervienne.

 

L’éducatrice doit alors trouver un équilibre : offrir du soutien lorsque celui-ci est nécessaire sans systématiquement faire les choses à la place de l’enfant.

 

Le développement de l’autonomie occupe d’ailleurs une place particulière dans la formation en Techniques d’éducation à l’enfance – JEE.13, notamment à travers l’étude des responsabilités et des particularités de l’autonomie chez les enfants de 0 à 12 ans.

 

👉 Découvrez également : Comment les éducatrices favorisent-elles l’autonomie des enfants au quotidien?

Proposer des défis adaptés aux capacités de l’enfant

Une tâche trop facile offre peu d’occasions de découvrir de nouvelles capacités. À l’inverse, une activité beaucoup trop difficile peut entraîner de la frustration.

 

L’observation permet à l’éducatrice de mieux connaître les besoins, les intérêts et les capacités de chaque enfant afin de lui proposer des expériences suffisamment stimulantes tout en demeurant accessibles.

 

Lorsqu’un enfant parvient progressivement à réaliser quelque chose qu’il trouvait difficile, il peut prendre conscience de ses progrès et développer davantage de confiance en ses capacités.

Accueillir les émotions et permettre à l’enfant de s’exprimer

Un enfant peut être fier, enthousiaste ou curieux, mais aussi déçu, frustré, inquiet ou gêné. Ces émotions font partie de son expérience.

 

L’éducatrice peut l’aider à les reconnaître et à les exprimer en lui accordant de l’attention, en mettant des mots sur certaines situations et en l’écoutant sans minimiser ce qu’il ressent.

 

Cette relation contribue à créer un environnement dans lequel l’enfant peut se sentir écouté et accepté, même lorsqu’il vit une difficulté.

 

👉 Découvrez également : Comment les éducatrices développent-elles des relations significatives avec les enfants?

Éviter de comparer les enfants entre eux

Les enfants ne développent pas tous les mêmes habiletés au même moment. Certains deviennent rapidement autonomes dans une activité, alors que d’autres auront besoin de davantage de temps ou d’un accompagnement.

 

Comparer constamment un enfant aux autres risque de détourner l’attention de ce qui importe réellement : sa propre progression.

 

L’éducatrice peut plutôt observer le chemin parcouru par chaque enfant et adapter ses interventions à ses besoins. Cette individualisation de l’accompagnement permet de reconnaître que le développement ne suit pas exactement le même rythme pour tous.

Faire de l’erreur une occasion d’apprendre

Renverser quelque chose, choisir une mauvaise stratégie, ne pas réussir une construction ou avoir besoin de recommencer font partie des apprentissages.

 

La réaction de l’adulte peut alors influencer la manière dont l’enfant interprète l’expérience. Plutôt que de présenter l’erreur comme un échec, l’éducatrice peut l’aider à comprendre ce qui s’est produit, à essayer une autre solution ou simplement à recommencer.

 

L’enfant apprend ainsi progressivement qu’il peut rencontrer une difficulté sans que celle-ci remette en question ses capacités.

Créer un environnement où chaque enfant peut trouver sa place

Le sentiment d’être accepté au sein du groupe peut également contribuer à la perception que l’enfant se fait de lui-même.

 

Les activités collectives, les jeux, les responsabilités et les interactions quotidiennes permettent à chaque enfant de participer à la vie du groupe. L’éducatrice peut veiller à ce que chacun ait des occasions de s’exprimer, de contribuer et de mettre certaines de ses forces à profit.

 

Elle peut également accompagner les enfants dans leurs interactions et leurs conflits afin de les aider progressivement à communiquer leurs besoins et à développer leurs habiletés sociales.

Des gestes quotidiens qui accompagnent le développement

Favoriser l’estime de soi ne repose donc ni sur une activité particulière ni sur une série de compliments.

 

C’est plutôt à travers la qualité de la relation éducative, l’observation, les encouragements, les occasions d’autonomie et les interventions adaptées que l’éducatrice peut accompagner progressivement l’enfant dans la découverte de ses capacités.

 

Le programme de Techniques d’éducation à l’enfance – JEE.13 prépare justement les étudiantes à soutenir le développement global des enfants, à observer leurs comportements, à planifier des activités et à intervenir en fonction des situations rencontrées.

Foire aux questions

1. Pourquoi l’estime de soi est-elle importante chez l’enfant?
Une perception positive de ses capacités peut aider l’enfant à essayer de nouvelles choses, à persévérer lorsqu’une activité est difficile et à développer progressivement son autonomie. L’estime de soi se construit au fil des expériences et des interactions vécues avec les personnes qui l’entourent.


2. Comment une éducatrice peut-elle encourager un enfant sans le féliciter constamment?
Elle peut reconnaître ses efforts, décrire ses progrès, s’intéresser à sa démarche et lui poser des questions sur ce qu’il vient de réaliser. L’objectif n’est pas de multiplier les compliments, mais d’aider l’enfant à prendre lui-même conscience de ses apprentissages et de ses capacités.


3. Quel rôle l’autonomie joue-t-elle dans l’estime de soi?
En ayant l’occasion d’essayer, de choisir, de résoudre certains problèmes et d’accomplir des tâches adaptées à son âge, l’enfant découvre progressivement ce qu’il est capable de faire. L’autonomie peut ainsi contribuer au développement de son sentiment de compétence.

Pour aller plus loin

👉 Éducation à l’enfance : comprendre le domaine et ses perspectives

 

👉 Pourquoi l’observation est-elle une compétence essentielle en éducation à l’enfance?

 

👉 Pourquoi les éducatrices adaptent-elles leurs interventions aux besoins de chaque enfant?

 

👉 En savoir plus sur le programme de Techniques d’éducation à l’enfance – JEE.13 du Collège CDI

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