20 juin 2014 | Québec
Changer de métier peut demander d’acquérir de nouvelles compétences, mais cela ne signifie pas effacer toute l’expérience professionnelle déjà acquise.
Après 10, 15 ou 20 ans dans un même domaine, envisager une nouvelle carrière peut soulever une question bien légitime : faudra-t-il repartir de zéro?
Changer de métier peut parfois impliquer d’apprendre de nouvelles façons de travailler, d’acquérir des connaissances propres à un secteur ou de suivre une formation. Mais une personne qui possède plusieurs années d’expérience professionnelle n’abandonne pas pour autant tout ce qu’elle a développé au cours de son parcours.
Communication, organisation, gestion des priorités, service à la clientèle, travail d’équipe, résolution de problèmes ou capacité d’adaptation : de nombreuses compétences peuvent demeurer pertinentes lorsqu’on passe d’un domaine à l’autre. L’enjeu consiste alors à déterminer ce que l’on peut emporter avec soi et ce qu’il faudra apprendre pour exercer le nouveau métier envisagé.
Changer de métier ne signifie pas effacer son parcours
Une carrière permet d’acquérir des connaissances techniques propres à une profession, mais elle développe également des compétences qui dépassent les limites d’un poste ou d’un secteur.
Une personne ayant travaillé pendant plusieurs années dans le commerce de détail peut, par exemple, avoir appris à communiquer avec différents types de clients, à gérer des situations difficiles, à établir des priorités et à collaborer au sein d'une équipe.
Quelqu’un qui a occupé un poste administratif peut avoir développé sa rigueur, son sens de l’organisation, sa maîtrise de divers outils informatiques et sa capacité à gérer simultanément plusieurs dossiers.
Ces acquis ne disparaissent pas lorsqu’on change de carrière.
Ils peuvent, au contraire, représenter une part importante du bagage avec lequel on entreprend une nouvelle étape professionnelle.
Reconnaître ses compétences transférables
Les compétences transférables sont des capacités acquises dans un contexte qui peuvent également être utiles dans un autre.
Elles peuvent provenir d’un emploi, mais aussi d’activités bénévoles, de projets personnels ou d’autres expériences.
Parmi elles, on peut notamment retrouver :
- la communication;
- le travail d’équipe;
- l’organisation;
- la gestion du temps et des priorités;
- la résolution de problèmes;
- le service à la clientèle;
- l’autonomie;
- l’adaptation au changement;
- la gestion de projets;
- la capacité à apprendre de nouvelles méthodes ou de nouveaux outils.
Toutes ne seront évidemment pas pertinentes pour chaque nouvelle profession. C’est pourquoi il est utile de comparer ce que l’on sait déjà faire aux compétences requises pour le métier que l’on envisage.
👉 Découvrez également : Comment faire son bilan de compétences?
Être débutant dans un métier sans être inexpérimenté
C’est probablement l’une des distinctions les plus importantes lorsqu’on envisage une réorientation après plusieurs années sur le marché du travail.
Une personne peut être débutante dans une profession sans l'être dans le monde du travail.
Elle connaît déjà certaines réalités professionnelles : respecter des échéances, recevoir des commentaires, collaborer avec des collègues, communiquer avec un supérieur, s’adapter aux changements, assumer des responsabilités ou résoudre des difficultés.
Ce bagage ne remplace évidemment pas les compétences propres au nouveau métier. Un changement de carrière peut demander d’apprendre des méthodes, des outils, des normes ou des connaissances entièrement nouvelles.
Mais il ne faut pas confondre avoir quelque chose de nouveau à apprendre avec n’avoir aucune expérience à offrir.
Déterminer ce qu’il faudra réellement apprendre
Une fois les acquis identifiés, l’autre partie de la réflexion consiste à mesurer l’écart entre son profil actuel et celui nécessaire à l’exercice de la profession envisagée.
Quelles connaissances techniques faut-il posséder? Certains outils doivent-ils être maîtrisés? Une formation particulière est-elle nécessaire? Quelles compétences possède-t-on déjà et lesquelles restent à développer?
Cette comparaison rend un projet de changement de carrière beaucoup plus concret.
Elle peut également éviter deux erreurs contraires : sous-estimer ce que l’on possède déjà ou, au contraire, croire que son expérience passée suffira automatiquement à exercer un métier qui requiert des compétences spécialisées.
Dans certains cas, une formation peut justement servir à acquérir les compétences propres au nouveau domaine et à compléter un bagage professionnel déjà considérable.
👉 Découvrez également : Réorientation professionnelle : comment construire un projet de carrière réaliste?
Accepter de redevenir apprenant
Changer de carrière après plusieurs années peut également nécessiter une certaine adaptation.
Lorsqu’on connaît bien son métier, de nombreuses tâches deviennent familières. On possède des repères, du vocabulaire, des méthodes et de l'expérience qui permettent de comprendre rapidement les situations.
Dans un nouveau domaine, une partie de cette aisance doit être reconstruite.
Il peut donc être nécessaire de poser davantage de questions, de découvrir de nouveaux outils, d’apprendre auprès de personnes ayant plus d’expérience dans ce secteur et d’accepter de ne pas tout maîtriser immédiatement.
Cette situation n’efface toutefois pas l’expérience antérieure. Elle signifie simplement que l’expérience professionnelle et l’expérience dans un métier précis sont deux choses distinctes.
Une personne en réorientation peut ainsi apprendre les bases d’une nouvelle profession tout en s’appuyant sur des habitudes de travail et des compétences développées au fil des années.
Donner une cohérence à son parcours
Lorsqu’une personne change complètement de domaine, son parcours peut sembler moins linéaire. Cela ne signifie pas qu’il est incohérent.
L’important est de pouvoir expliquer ce qui relie l’expérience passée au nouveau projet.
Pourquoi souhaite-t-on changer? Qu’a-t-on appris dans ses emplois précédents? Quelles compétences pourront être réutilisées? Pourquoi le nouveau domaine correspond-il davantage à ses objectifs actuels? Qu’a-t-on entrepris pour acquérir les compétences qui manquaient?
Cette réflexion peut ensuite aider à présenter sa démarche dans un CV ou lors d’une entrevue.
Plutôt que d’essayer de faire oublier l’ancienne carrière, il peut être plus pertinent de montrer ce qu’elle a permis de développer et comment ces acquis peuvent contribuer à la prochaine étape.
Retourner aux études avec une expérience professionnelle
Pour certaines personnes, changer de carrière passe par un retour aux études.
Après plusieurs années sur le marché du travail, cette perspective peut sembler inhabituelle. Pourtant, l’expérience professionnelle peut également constituer une ressource pendant la formation.
Avoir déjà évolué dans un milieu de travail peut notamment fournir des points de comparaison lorsqu’on découvre de nouvelles notions. Certaines compétences développées auparavant — organisation, autonomie, communication ou gestion des priorités, par exemple — peuvent également s’avérer utiles dans un contexte d’apprentissage.
Le retour aux études demande néanmoins de retrouver certaines habitudes et de s’adapter à un nouvel environnement, particulièrement lorsque plusieurs années se sont écoulées depuis la dernière formation.
👉 Découvrez également : Retourner aux études après plusieurs années d’absence : comment s’adapter?
Une nouvelle carrière ne commence pas nécessairement à zéro
Une réorientation professionnelle comporte une part de nouveauté. Il faut parfois apprendre un métier, découvrir un secteur et développer des compétences que l’on n’avait jamais utilisées auparavant.
Mais changer de carrière ne remet pas le compteur professionnel à zéro.
Les années passées sur le marché du travail ont permis d’acquérir de l’expérience, de mieux connaître sa façon de travailler et de développer des compétences qui peuvent continuer à servir dans un nouveau contexte.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de recommencer, mais plutôt de construire la prochaine étape à partir de ce que l’on possède déjà, tout en acquérant ce qui manque pour aller dans une nouvelle direction.
Foire aux questions
1. Est-ce qu’un changement de carrière signifie qu’il faut repartir de zéro?
Pas nécessairement. Il peut être nécessaire d’acquérir de nouvelles connaissances ou compétences propres au métier envisagé, mais l’expérience professionnelle accumulée demeure. Certaines compétences, notamment en communication, en organisation, en résolution de problèmes ou en travail d’équipe, peuvent être transférables d’un domaine à l’autre.
2. Comment savoir quelles compétences peuvent être utiles dans une nouvelle carrière?
Il faut d’abord identifier les compétences acquises au cours de ses expériences, puis les comparer aux tâches et aux exigences de la profession envisagée. Cette démarche permet de distinguer les acquis transférables des nouvelles compétences à développer.
3. Est-il possible de reprendre des études après plusieurs années sur le marché du travail?
Oui. Un retour aux études peut faire partie d’un projet de réorientation professionnelle lorsqu’une nouvelle carrière requiert des compétences ou une formation particulières. Après une longue période sur le marché du travail, il peut toutefois être utile de se préparer à retrouver un rythme d’apprentissage et à s’adapter aux méthodes et aux outils utilisés aujourd’hui.
Pour aller plus loin
👉 Retourner aux études à l’âge adulte au Québec : ce qu’il faut savoir
👉 Comment choisir un programme de formation aligné sur ses objectifs professionnels?
👉 Comment savoir s’il est temps de faire évoluer sa carrière?
👉Réorientation professionnelle : comment construire un projet de carrière réaliste?